BILAN 2017






#1 THE LOST CITY OF Z

Dans les lianes de l'ambition se transcendent l'Homme et sa foi en l'aventure, la liberté, ce qui fait sa légende... James Gray embrasse le meilleur du cinéma, celui de l'obsession, palpable aussi bien devant que derrière la caméra.



#2 BLADE RUNNER 2049

Cette suite de Denis Villeneuve se laisse digérer comme un rêve empoisonné. Derrière son spectaculaire exercice clinique se cachent le cœur et l'âme, dualité réflexive entre l'amour et l'extinction.



#3 OKJA

Face-à-face entre l'écologie et le capitalisme, et entre ces deux titans, une simple quête universelle. Un magnifique film engagé, doux-amer, touchant et grotesque, panorama du chaos de notre monde à travers les yeux d'une enfant.



#4 SILENCE

En pleine crise de foi, Scorsese livre une oeuvre testamentaire exigeante, l'exercice expiatoire d'une vie, où dans la brume de la douleur vacille le feu de la conviction. Dévorant.



#5 WAR OF THE PLANET OF THE APES

Puissante conclusion pour la trilogie de César, un grand western biblique où la force des ressorts émotionnels est à armes égales avec l'incroyable réussite technique. Un grand blockbuster maîtrisé.



#6 STAR WARS : THE LAST JEDI

Rian Johnson, gamin rebelle s'amusant avec les jouets de l'empire des étoiles, prend avec ce huitième épisode un malin plaisir à se jouer des fantômes du passé pour conquérir l'indépendance de son exercice. Un opus riche et charnière qui ose, et ça fait du bien.



#7 AU REVOIR LÀ-HAUT

Signant probablement son meilleur film, Albert Dupontel livre surtout le film français le plus beau, baroque et touchant depuis des lustres, l'oeuvre romanesque d'une quête identitaire puisant sa force dans son réquisitoire intemporel et son plaidoyer de l'acte artistique. 



#8 COCO

Pixar est loin d'être mort. D'un geste pluriel sur la famille, l'héritage et la notion d'auteur, les studios touchent toujours les bonnes cordes pour entonner la mélodie de nos larmes.



#9 LOVING

Quand l'amour brise les barrières : Jeff Nichols à la talent extraordinaire d'ignorer l'académisme de son sujet à Oscars pour faire une oeuvre à l'humilité bouleversante, reposant sur les racines universelles du cœur.



#10 LOGAN

There's no more guns in the valley : dans cet épilogue cicatrice, se révélant être un amer constat de l'Amérique, Mangold achève la route de la fureur du Wolverine avec une verve grisante et une ultime touche d'espoir bouleversante.






A CURE FOR WELLNESS

Après la noyade de son projet d'adaptation de Bioshock, Gore Verbinski consume son amertume contre le système hollywoodien loin de ses contrées, dans ce haut château des mystères aux cures gothiques aussi anxiogènes que magnifiques.



WIND RIVER

Passant derrière la caméra pour conclure sa trilogie d'une Amérique étouffée, Taylor Sheridan signe un pur thriller au classicisme poignant, la touchante invocation d'une minorité sacrifiée.



A MONSTER CALLS

Des racines de la douleur naissent les baies de la colère, mais aussi les bourgeons de l'amour, une dualité humaine que J.A. Bayona révèle brillamment par le surnaturel, nouveau Spielberg qui invoque la famille comme outil cinégénique invincible.



GET OUT

Jordan Peele joue brillamment sur nos propres attentes de la satire pour doucement distiller son exercice horrifique digne d'un épisode de la Quatrième Dimension. Un plongeon glaçant dans le racisme ordinaire. 



BABY DRIVER

Des promesses à tenir et des miles à parcourir avant de revivre... : Edgar Wright s'approprie le rejeton du film de braquage et de la rom'com avec un sens du tempo formel qui relève du génie, qui insuffle quelques notes d'utopie, d'amour et de rage.



ALIEN COVENANT

Injustement flagellé, Covenant a ses défauts mais nous empoisonne de son extraordinaire pessimisme, nouvel exercice post-mortem qui révèle doucement le berceau viscéral du plus grand des mystères : l'amour, et ses ténébreuses conquêtes.



BRIMSTONE

Dusk of the Hunter : le déni étouffant côtoie la revanche glaciale dans ce western surprenant, en constante mutation, beau à se damner et à l'engagement viscéral : sa quête féministe contre le fantôme extrémiste du patriarcat.



THE AUTOPSY OF JANE DOE

Un huis-clos ultra efficace où de morbides mystères dissèquent tous les non-dits humains, bridant l'emprise de son cauchemar entre deux jump-scare. André Ovredal signe une réalisation maîtrisée pour des frissons garantis.



LE SERPENT AUX MILLE COUPURES

Eric Valette signe un polar absolument sec et carabiné, au carrefour de Straw Dogs et No Country For Old Men, où se glisse sans prendre de gants une violence universelle et insaisissable. Le cinéma français mérite plus d'exercice de genre tel celui-ci.



AVA

Premier film de Léa Mysius, la jeune réalisatrice capture dans la texture de son 35mm l'insurrection d'une enfant en pleine métamorphose, qui offre des fulgurances cauchemardesques et oniriques qui méritent l'attention.




Voyage of Time de Terrence Malick
I Am Not Your Negro de Raoul Peck
Psiconautas d'A. Vasquez & P. Rivero
It Comes at Night de Trey Edwards Shults
Song to Song de Terrence Malick
120 Battements par Minute de Robin Campillo
Petit Paysan de Hubert Charuel
Seven Sisters de Tommy Wirkola
Dans un Recoin de ce Monde de Sunao Katabuchi
Good Time des frères Safdie
Le Redoutable de Michel Hazanavicius
Faute d'Amour d'Andreï Zviaguintsev
Le Sens de la Fête d'O. Nakache & E. Toledano
The Square de Ruben Östlund
Logan Lucky de Steven Soderbergh
The Killing of a Sacred Deer de Yorgos Lanthimos
Battle of the Sexes de J. Dayton & V. Faris
We Blew It de Jean-Baptiste Thoret
A Ghost Story de David Lowery
Bright de David Ayer






THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI de Martin McDonagh (17 janvier)



THE POST de Steven Spielberg (24 janvier)



THE SHAPE OF WATER de Guillermo Del Toro (21 février)



READY PLAYER ONE de Steven Spielberg (28 mars)



HOSTILES de Scott Cooper (28 mars)



ISLE OF DOGS de Wes Anderson (11 avril)



THE NEW MUTANTS de Josh Boone (courant avril)



THE INCREDIBLES 2 de Brad Bird (4 juillet)



MISSION IMPOSSIBLE 6 de Christopher McQuarrie (1er août)



THE PREDATOR de Shane Black (15 août)



HALLOWEEN de David Gordon Green (24 octobre)



CAPTIVE STATE de Rupert Wyatt (courant 2018)



THE IRISHMAN de Martin Scorsese (courant 2018)



RADEGUND de Terrence Malick (courant 2018)



ROMA d'Alfonso Cuaron (courant 2018)



Commentaires

  1. Pas besoin de me fendre d'un top, le tien me convient à merveille, y compris dans ses recommandations. Ravi de voir figurer entre autres le Silence de Scorsese, ainsi que Loving et Logan. Mais comme la perfection n'existe pas (et au cinéma encore moins qu'ailleurs), je retirerais "Ava" (je lui préfère Grave malgré également des réserves), le dernier Star Wars (le détail de mon insatisfaction à découvrir sur mon blog, pas assez de ligne pour développer ici).
    Je découvre grâce à tes projections très bien informées qu'au prochain film de Marty figure Robert de Niro (des retrouvailles qui suscitent immanquablement une attente exacerbée). D'autres prévisions posent question : Predator, Halloween, WTF ? j'ai peur d'avance malgré les gars solides qui signent la réalisation. En revanche deux Spielberg et Scott Cooper au pays des Indiens et des tuniques bleues, ça me plait rudement bien ! :-)
    Une bonne année en perspective !

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    1. Et Joe Pesci aussi pour The irishman. ;)

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    2. Alors j'en suis ravi ^^ J'ai aussi aimé Grave, mais j'ai préféré mettre en avant Ava car je l'ai trouvé à la même hauteur et méritais la même lumière. Pour Predator et Halloween, c'est d'un côté Shane Black derrière la caméra et de l'autre Carpenter à la production et à la musique qui m'excitent au plus haut point ;) 2017 était particulièrement riche, mais 2018 s'annonce vraiment pas mal du tout ^^

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  2. Bonne année cher camarade ! J'en ai trois en commun dans ton top 10. :)
    Pour ce qui est de tes rattrapages, voici mes petites lumières. Voyage of time m'a paru plus convaincant que The tree of life et n'ayant pas vu les autres films que Terrence Malick a réalisé depuis, je ne peux pas trop faire la comparaison avec eux. Je l'ai trouvé apaisant, pas forcément révolutionnaire, mais Malick réussit à donner une vision intéressante de l'évolution (d'où le fait que je le considère comme un docu-fiction et non un documentaire).
    It comes at night est un film qui mélange différents genres sans être réellement rattaché à un en particulier. Une oeuvre très paranoïaque et bien joué, même si la lenteur peut déranger certains spectateurs.
    120 battements par minute ne m'a pas convaincu. Il est intéressant sur pas mal de points (notamment sa dernière partie), mais il blablate beaucoup dans des scènes qui ressemble plus à un faux-documentaire qu'à un film de fiction.
    Le sens de la fête est une comédie terriblement humaine et ne cherche jamais à faire du gag pour du gag. Puis le casting est vraiment génial. Comme quoi, une bonne comédie c'est aussi de l'écriture et pas seulement des mecs qui cachetonnent.
    Logan lucky m'a bien plu. Steven Soderbergh revient à quelque chose de plus simple et raccord aux Ocean's, mais en prenant le point de vue de prolos et outsiders.
    Battle of the sexes est franchement décevant. Si tu attends un film sur un duo, tu vas vite être désemparé, car le film tourne uniquement sur Emma Stone (qui joue très bien) et laisse Steve Carell en second-rôle. Puis les scènes de tennis sont réduites au minimum et sont fades. Rien à voir avec le plutôt bon Borg McEnroe.
    A ghost story est intéressant mais est parfois très particulier ou un peu gênant. Du genre avec des plans ou scènes qui s'étirent beaucoup trop, au point de se demander où veut en venir David Lowery. Heureusement par la suite, le film réussit à intéresser davantage.
    Sinon j'ai pas mal d'attentes raccords aux tiennes. Les deux Spielberg, The shape of water, The predator, The irishman, Les indestructibles 2, Mission impossible 6, New Mutants (ainsi que les deux autres X Men) et j'irai surement voir le nouveau Wes Anderson.

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    1. Merci pour tes conseils ;) Bonne année l'ami !

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  3. Personnellement j'attends "The Irishman" (cela fera du bien de revoir la brochette Pacino-De Niro- Pesci) et peut-être "Radegund" (Malick et son univers visuel...)
    Finalement, ce que l'on attend en 2018 c'est le retour d'un BON CINEMA. Alors, pour cette nouvelle année qui vient à peine de commencer, je te souhaite de visionner ce qui te plait :)

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    1. J'ai eu du bon cinéma cette année pour ma part, peut-être pas la dose nécessaire mais j'ai pas à me plaindre ^^ Bonne année chère Ideyvonne !

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  4. Très joli bilan ! Comme toi, j'ai adoré The Lost City of Z, number 3 de mon top !
    Je te souhaite une très jolie année 2018 ! :D

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    1. Merci ^^ Un grand film que ce dernier cru Gray, qui transpire le cinéma par tous les pores. Une bonne année à toi, chère Tina ! ;)

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