Critique : Girl Asleep / Fantastic Birthday


Premier film de Rosemary Myers, cinéaste australienne issue du théâtre, Fantastic Birthday - aussi venu des planches - est un peu comme un bonbon acidulé qui pétille en bouche, agréable et frais... Malheureusement, après consommation, on oublie très vite le goût que ça a.


Dans le cadre promotionnel du film, Myers affirme l'influence indéniable de Michel Gondry et de Spike Jonze - on retrouve en effet cette verve de l'astuce visuelle, du bricolage des effets techniques, une insouciance revigorante. Mais la réalisatrice omet d'évoquer (pas mauvaise foi ?) l'influence la plus évidente, celle que toute la promotion a mis en avant : le cinéma de Wes Anderson, son sens de la symétrie du cadre, l'absurdité de certaines situations et dialogues, la direction artistique kitch de Royal Tenenbaum et Moonrise Kingdom... L'objet, aussi grisant soit-il, manque quand même cruellement d'identité, faisant de ce rite initiatique et ses petits moments de folie un exercice qui tourne à vide.


Fantastic Birthday demeure un film touchant sur l'émancipation, le passage à l'âge adulte, la perte de l'innocence, la jeune protagoniste principale déchaînant sa catharsis en pénétrant à mi-chemin un monde fantaisiste complètement barré, bourré de symboles. Le métrage a beaucoup à dire en très peu de temps (il ne dure que 77 minutes), et le sous-texte se retrouve bâclé, si ce n'est complètement grossier. Que ça soit les personnages et situations de la vie réelle très archétypaux, ou tout le travail métaphorique dans le pays des songes (l'emprise parentale à travers des créatures surnaturelles, les grands méchants loups, le modèle héroïne bad-ass, les vicieuses camarades de classe décapées à coup de karaté, etc...) : le film n'est vraiment pas subtil, le minimum est pourtant demandé quand une oeuvre comme celle-ci se veut psychanalytique. Il y perd de sa fantasmagorie, mais ce côté too-much, incontrôlé, fait aussi quelque part son charme.


Fantastic Birthday reste un premier film, inconsciemment ses failles font battre son petit cœur et finit par nous séduire. Progéniture un peu butor de grands auteurs atypiques, cette petite folie précoce toute en absurdité et bricolages est aussi attachante qu'aérée, bien que complètement innocente.


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