Critique : Loving


Toujours enclin à faire surgir l'extraordinaire d'un écrin délicieusement épuré, des cauchemars psychotiques de Take Shelter à l'introspection multi-dimensionnelle de Midnight Special en passant par le McConaughey spectral de Mud, Jeff Nichols narre avec son dernier cru Loving l'union interdite d'un homme blanc et d'une femme noire dans l'Amérique ségrégationniste des années 50. Retour en demi-teinte de prime abord pour le réalisateur qui entreprend cette romance avec l'once d'un certain académisme, ce qui pourra faire essuyer un ennui poli à quelques spectateurs. Mais ce serait bouder sa véritable invocation, la grâce essentielle de son classicisme, où dans l'ombre de l'Histoire, de la violence humaine, sont illuminées les racines universelles du cœur. Negga et Edgerton y sont d'une touchante simplicité, couple phare de ce fait historique dans l'évolution des droits civiques américains, Nichols préférant assumer la douceur de sa mise en scène pour mieux mettre en avant leur délicate complicité. Auréolé du charme aussi cinématographique que discret des 50's, Loving n'est pas dans la facilité "oscarisable" de séduire chaque spectateur, juste ceux sensibles à la sobriété et à l'universalité d'un amour qui brise les barrières.


Commentaires

  1. Les racines du cœur comme fondements de la Nation, c'est exactement ça ! A aucun moment Nichols ne s'érige en porte-étendard d'une cause (quand bien même il illustre un fait réel), mais c'est l'humilité et le clacissisme de son style (presque eastwoodien sur les bords) qui donne toute la puissance émotionnelle à ce magnifique film.

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