Critique : Live By Night


Adaptant l'épopée noire de Denis Lehanne Live By Night, Ben Affleck s'impose avec sa quatrième réalisation comme digne héritier d'un classicisme hollywoodien que seul Eastwood perpétue encore aujourd'hui. Fresque d'un hors-la-loi abîmé par la guerre, déterminé à échapper aux ordres et à la mort, le film se veut en effet très classique, peut-être trop au regard de certains, mais il fait toujours bon en ces jours de voir un long-métrage américain qui invoque ses racines du style invisible, loin des fioritures du cinéma post-moderne. Bercée par la voix off de son protagoniste principal, entre deux plans-séquences qui ouvrent et ferment le film, l'aventure de Joe Coughlin suit les sentiers traditionnels du gangster sur grand écran, de la gloire à la rédemption en passant par la tragédie, parcours sans surprises à la direction artistique irréprochable. La narration est assez aléatoire, entre cette fâcheuse manie de l'acte d'exposition en flash-back et de multiples sous-intrigues pas assez exposées, mais Affleck parvient avec talent à en ressortir l'essence de tout anti-héro, son inhérent et funeste paradoxe, vers un épilogue qui, enfin, agrippe le cœur. N'hésitant pas à griffer les maux du pays de l'oncle Sam, catholiques et ethniques, Live By Night ne surprend guère, exercice propre sur lui, mais assume la fascination d'une époque en embrassant la beauté éphémère des interdits, la violence inévitable du rêve américain.


Commentaires

  1. Une mise en scène assez classique mais qui fait très bien honneur aux classiques des films de gangsters. Pour ma part j'aurai juste apprécié que Ben Affleck se "salisse" un peu plus les mains et qu'il rende son film un peu moins conventionnel. Si je ne me trompe il s'agit là de son quatrième film et non troisième ^^

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    1. Grrrr qu'est-ce qui me passait par la tête ? Bien sûr, je corrige ça de suite, merci ;)

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