Critique : La La Land


Après l'excellence écarlate de Whiplash, Damien Chazelle livre le contre-poids parfait avec son second long-métrage, La La Land, véritable déclaration d'amour ouatée aux quatrième et septième arts. De l'oisiveté de Jacques Demy à la verve visuelle de Martin Scorsese, Chazelle fait s'étreindre la musique et le cinéma dès l'ouverture, plan-séquence d'une maîtrise totale, et cette étreinte au contrôle absolu ne s'arrêtera jamais durant les deux heures qui suivent. Côté scénario, cette romance entre deux âmes aux songes évanescents n'offre aucune transcendance, pouvant essuyer un ennui poli, mais le choc des charismes d'Emma Stone et Ryan Gosling éblouit tout autant que la photographie extraordinaire de Linus Sandgren, qui servent des phases chantées au montage invisible cristallin, à la chorégraphie visuelle impressionnante. Même les sceptiques du genre seront sous le charme. Tantôt la caméra flotte, tantôt le cadre opère quelques coups de folies, brisant en un mouvement le mur du champ/contre-champ alors que les pas ensorcellent et que la mélodie opère. La La Land, les quatre saisons de Chazelle, est une splendide invitation à danser, entre espoir et mélancolie, de la fureur de vivre où les songes nécessaires de l'art valsent avec les sacrifices du destin.


Commentaires

  1. Qu'il fait du bien ce petit air de musical old school dans la grisaille ambiante ! Romantique et rafraîchissante, certes moins étoffé que ses modèles classique, ce Demy-américain étonne par sa maîtrise, éblouit par son talent. Ses deux acteurs sont à l'avenant. Excellent en effet, et de mon côté il tient pour l'instant le premier rang.

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    1. En effet, la maîtrise est totale, j'ai vraiment été impressionné par la mise en scène.

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  2. Le travail de mise en scène assez incroyable, on en attendait pas moins après avoir le généralissime Whiplash. J'ai juste trouvé le film un peu long et en manque de rythme sur sa seconde partie même si cela est voulu et suit logiquement l'état d'esprit de ses personnages.

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    1. Oui en effet, moins de chansons dans la seconde partie, on retombe un peu dans le conventionnel du scénario, mais oui on suit finalement le désarroi des personnages.

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  3. Bon ton cher interlocuteur va peut être faire polémique avec ses propos dans ce déluge de louanges qui s'abat sur ce film depuis un mois: Moana donc le dernier Disney est un meilleur musical que Lalaland. C'est un film dont je retiens les chansons, que je réécoute avec plaisir et qui fonctionnent à la fois dans le film et en écoute seule. Avec celles de Lalaland je ne ressens rien, si ce n'est une certaine indifférence. C'est sympa à la rigueur (surtout City of stars et la chanson de John Legend), mais ça ne va pas plus loin. J'ai même l'impression que sans elles, le film serait meilleur en se focalisant sur les scènes instrumentales et dansées. Même le film en lui même ne m'a pas emballé plus que ça. La réalisation est bonne mais un brin trop tape à l'oeil, du genre "je vais vous en mettre plein la vue". Je préfère largement l'épure sauvage d'un Whiplash. Quant aux acteurs, ils sont bons mais c'est le cas d'habitude donc rien d'étonnant à ce qu'ils fassent de bonnes prestations. Je vais prendre un autre exemple toujours dans le musical: quand j'ai découvert mon film de chevet qui est aussi un musical comme tu le sais, Across the universe, j'ai eu un coup de foudre immédiat, car la musique, les acteurs, la réalisation, les thèmes m'ont réellement intéressé et plu. Là j'ai l'impression d'être passer à côté de tout le film et pourtant il reste bon et intéressant. Beaucoup de bruits pour pas grand chose à mon humble avis.

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    1. Je préfère aussi le conte sauvage Whiplash, et je comprends qu'on adhère pas à ce conte plus musical, à la base je ne suis pas aficionado de ce genre de film. Mais là j'ai été sous le charme. Il faut encore que je découvre Across the Universe, depuis le temps que tu m'en parles ;)

      ...Par contre Moana meilleur musical que La La Land, faut pas déconner ah ah ^^

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    2. Ben curieusement si. Je trouve la gestion musicale du musical chapeauté par Lin Manuel Miranda bien plus pertinente sur la longueur. On a repproché à Moana de répéter trois fois un même morceau. Mais que fait Chazelle avec City of stars? Il le fait le même nombre de fois avec aucune variation. Juste que c'est l'instru et Gosling qui sifle. Pour moi il y a plus de travail sur Moana.

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  4. Techniquement et esthétiquement, le film en jette, c'est bien bossé, je n'en doute pas. Après je n'ai pas accroché plus que ça à l'histoire qui ne m'a pas touchée même si c'est bien interprété. Et niveau musique, je suis un peu... sceptique.

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