Critique : Sully


Après s'être assis le cul entre deux chaises avec American Sniper, Clint Eastwood dresse dans Sully le nouveau portrait d'un héros moderne, qu'il pose cette fois en tant que spectateur d'un sensationnalisme américain morbide. Tout est dit dès les premières minutes, où le trauma du protagoniste percute l'excentrisme des médias. Est-ce pour cela que le réalisateur a intégralement filmé son film en Imax, transcendant son traditionnel format anamorphique, décuplant les détails de l'image ?... C'est aussi aux grosses machines et à des procédures inhumaines que le personnage doit faire face, et Eastwood dénonce clairement l’ambiguïté de l'Amérique envers ses propres légendes. Il réalise ce portrait humblement et sans pathos, même si son film, pourtant très court, déborde de quelques superflus (les flash-backs sur la vie de Sully, la troisième répétition de la catastrophe). Comme son précédent métrage, il finit même par céder au poids de l'héroïsme américain en laissant place aux images réelles, hommage dégoulinant... Et la prestance de Tom Hanks ne changera rien à l'affaire : Sully débarque après le Flight de Zemeckis, et même si le propos n'est pas le même, le bis repetita demeure.


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