Critique : Poesia Sin Fin


Suite directe de la Danza de la Realidad, où Jodorowsky revenait déjà avec excentricité sur sa jeunesse difficile, Poesia Sin Fin complète la vision de son auteur sur sa propre vie, la réinvente, quitte à venir directement face-caméra étreindre avec émotion son jeune lui en perte d'innocence et en quête de poésie. Fidèle à son style, Jodorowsky lâche une véritable boîte de Pandore en livrant un cinéma plein de symboles, de tableaux, de transcendances, faisant un peu plus rapprocher son autobiographie à la fantaisie burlesque. À travers une infinité de folles représentations, le cinéaste fouille dans ses souvenirs, processus "psycho-magique" égocentré qui écœurera ou touchera le spectateur, catharsis où le cinéma et la poésie sont des méthodes de guérison. Il panse ses blessures du passé, mais exprime aussi la peur de son avenir, la peur de disparaître, en nous perturbant et nous émerveillant de compositions d'images incroyables. Acte poétique puissant, expérience folle et sensuelle, Poesia Sin Fin nous emporte dans cet ode à l'identité, l'imagination et la famille, un hymne à l'art et à la vie qui vous submergera sans fin.


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