Critique : Allied / Alliés


Du Casablanca de Curtiz au romantisme de Capra, en passant par quelques jeux hitchcockiens, Allied offre l'aura d'un cinéma perdu, un souffle que l'on n'avait pas ressenti depuis quelques temps. Ignorant l'académisme clinquant, le dernier film de Zemeckis est d'un classicisme total et assumé, d'une sobriété extrême. La pâte du cinéaste, où le cadre transcende sa condition, oublie ses limites, ne se retrouve qu'au détour de deux scènes : lorsque nos tourtereaux font l'amour dans une voiture piégée dans une tempête de sable ; et quand la protagoniste principale donne naissance à sa fille sous le feu des bombes. À travers ces deux moments, la caméra est prise de folie, danse autour des personnages, comme pour traduire la puissance de leur amour qui dépasse l'extraordinaire de leur environnement. On peine d'abord à s'attacher à ce duo éphémère, sans relief, qui invoque le spectre hermétique des figures de l'âge d'or hollywoodien. Mais dès que l'emprise du doute s'impose, où l'intime naît du thriller, et qu'au final le mélodrame explose, Allied accroche avec verve jusqu'à nous toucher en plein cœur.


Commentaires

  1. Un nouveau cru de qualité pour Robert Zemeckis, sortant un pur film d'espionnage en pleine guerre entre faux semblants et réalité sinistre. Si j'ai bien aimé le casting, je dois avouer que j'ai beaucoup ri de la vf de Brad Pitt au début. Irrésistible!

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    1. Juste vu en VO, mais oui il paraît que le doublage de Brad dans ses phases québécoises sont assez savoureuses ^^ Un nouveau cru de qualité, pour sûr.

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    2. Déjà qu'en vo ça ne doit pas être triste alors le français qui s'essaye au québécois, c'est du collector en barre.

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