Critique : Ah-ga-ssi / Mademoiselle


Après son expérience américaine Stoker, Park Chan-Wook revient en Corée du Sud pour réaliser le fruit défendu d'un amour fou entre Alfred Hitchcock, Brian De Palma et Henri-Georges Clouzot, un ménage à trois aussi manipulateur que sulfureux, théâtre de toutes les passions. Dans la dispensable imposition de son triptyque, Mademoiselle étreint avec un soin tout particulier la romance gothique de l'oeuvre britannique source de Sarah Waters, et filme en glorieux anamorphique un décorum aussi fascinant qu'inquiétant. Naviguant entre les points de vue dans le prisme de l'amour, le cinéaste coréen caresse les perspectives du temps et de l'espace, saute de temporalités en temporalités pour tromper son fil rouge, répéte les scènes fortes pour en faire ressortir leur puissance charnelle, détourne la cocasserie de certaines situations, et invoque perpétuellement le mouvement du cadre pour faire jouir l'empire des sens. Puissante émancipation féministe, brillant panorama des pulsions, Mademoiselle est un nouveau grand morceau de cinéma de la part de Chan-Wook qui, non sans légèreté ni sensualité, nous émoustille encore de son maniérisme sulfureux.


Commentaires

  1. Subtil, séduisant, crapuleux, coquin, sensuel. Voilà comment désigner le nouveau sommet de Park Chan Wook.

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