Critique : Don't Breathe / La Maison des Ténèbres


Fort de la réussite plastique de sa refonte d'Evil Dead, Fede Alvarez revient sur les écrans avec un concept original : après le home invasion, le home exit, où de jeunes cambrioleurs victimes de la crise tentent de s'échapper de la demeure d'un non-voyant décidé à ne pas les laisser partir. Dans le royaume de l'aveugle, les sons sont rois : Don't Breathe nous invite dans un huis-clos radical où le moindre effet sonore à son importance, les règles de survie dédiées au silence. Dommage qu'Alvarez ne reste pas constamment fidèle à cette règle : l'un des scènes fortes du film par exemple, où les survivants se retrouvent dans le sous-sol plongé dans le noir, est envahie d'une musique assourdissante et inutile alors que la tension est à son comble. Qu'importe, les faux-pas sont rares au sein de cette exercice insoutenable à la mise en scène inventive de bout en bout : on notera un excellent plan-séquence transcendant le cadre-regard, où les voleurs découvrent la maison de l'antagoniste, la caméra volant de protagonistes en protagonistes, traversant les murs, se rapprochant des éléments qui seront vitaux dans la suite de l'histoire... Coupez votre souffle, ou quelqu'un vous entendra définitivement crier.


Commentaires

  1. Pas aimé le remake d'Evil dead mais sa mise en scène était bonne. En revanche Don't breathe est bien plus réussi, compte tenu du fait que comme Fede Alvarez l'évoque à longueur d'interview le film est plus personnel. Il a moins de pressions que sur l'autre. Don't breathe pourrait n'être qu'un énième home invasion avec le braqueur qui se mord la queue face à un volé loin d'être stupide. Il réussit à s'en dépatouiller en prenant pleinement conscience des sens de l'aveugle et permettre ainsi au spectateur d'avoir une vraie expérience visuelle et sonore. La musique est bien moins présente que d'habitude, préférant intensifier des moments de tension plutôt que de faire dans la surenchère. Un truc qui commence à m'insupporter dans bons nombres de films d'horreur que ce soit Conjuring 2 ou The witch.

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    1. Exactement, moins de pression et plus de liberté, ça se sent beaucoup. Tu ne donnes pas les meilleurs exemples pour la musique excessive, ces deux-là ayant quand même un travail pertinent dessus contrairement à beaucoup d’œuvres du genre ces dernières années.

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    2. En sachant que je revois le remake en même temps que ses aînés au cinéma le 29, donc je pourrais me refaire un avis dessus. The witch au début c'est une catastrophe je trouve. C'est vraiment trop forcé pour montrer que l'enjeu vient de la forêt. S'il n'y a pas beaucoup de jump scares, je trouve sa musique trop présente. Conjuring 2 est moins problématique que son aîné mais là aussi à chaque fois qu'il y a un moment de frisson, grosse surenchère musicale et c'est de plus en plus présent dans n'importe quel film d'horreur studio ou pas derrière. Là au moins je trouve que même plus discrète, la musique permet juste de renforcer la tension sans en faire des tonnes.

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