Critique : Juste la Fin du Monde


Adaptant le travail glaçant de Lagarce, Xavier Dolan suit de près l'épreuve d'un jeune auteur au succès précoce, qui sans surprise se reflète à travers lui, s'envolant pour un huis-clos oppressant où le temps et les mots se frictionnent et s'épuisent. Il filme alors 99% de son film en gros plan, étouffant le spectateur avec efficacité dans la peur, la rancœur, l'incommunicabilité. Mais lui-même s'enferme dans un petit théâtre de paroles stériles et de signes grossiers, brisant la canicule de quelques brises futiles venues du passé, un constant échec désespéré alors que Dolan proclame qu'il s'agit de son meilleur film. La direction des acteurs, creux et incontrôlables, échoue malheureusement à combler le vide en prenant de plein fouet l'obstacle de sa source sur planches. Juste la Fin du Monde est sauvé de l'incompréhension avec son final qui assume le précipice par une frissonnante fulgurance surnaturelle, terriblement tardive. Mais ce n'est pas la fin du monde.


Commentaires

  1. Xavier Dolan, dont c'est le premier film que je découvre, sait tenir une caméra, aucun doute là dessus. Et comme tu le soulignes, il sait très bien enfermer, nous et ses acteurs, dans le cadre.
    Mais alors, son repas de famille est d'un chiant !

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    1. C'est toute la difficulté quand tu adaptes une pièce de théâtre. Et Dolan galère.

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