Critique : Hell or High Water / Comancheria


Hell or High Water, poursuite mélancolique dans un Texas asséché par la crise, fait courir et se camoufler ces comanches modernes, ennemis de tous temps et seigneurs des vallées. Ces figures traversant loi et banditisme luttent contre cette asphyxie financière, traduite dans de superbes plans de champs brûlés où quelques cow-boys interrogent leur héritage. Tel No Country For Old Men, le film de MacKenzie invoque le western, ses virées injustes et ses solitudes impitoyables, où le pick-up de nos voleurs fait fuir un cheval texan et affronte la voiture tunée de gangsters au rabais dans le même plan. Le polar croise alors le chemin de la comédie noire à travers quelques lignes de dialogue bien racées, les tords de l'Amérique en ligne de mire, jusqu'à la dernière ligne droite qui impose définitivement son élan désabusé. Jeff Bridges domine sans conteste par son flegme universel, tiraillé de quelques touchantes fulgurances, mais c'est surtout la folle performance du sous-exploité Ben Foster qui prend aux tripes. Épuré et amer, bercé par l'excellent son de Nick Cave et Warren Ellis, Hell of High Water expose magnifiquement la chevauchée d'un pays rongé par la finance, son nouveau Goliath.


Commentaires

  1. T'as gagné; j'ai envie de le voir maintenant.

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    1. Ah ah :) Un de mes coups de cœur de cette année, j'espère que tu ne seras pas déçu, mais c'est franchement un sacré film.

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