Situation Critique : Juillet 2016


On pourrait céder à la facilité du "film mineur" puisqu'il plonge dans l'environnement numérique et les enfantillages, mais que nenni : il n'y avait que Steven Spielberg et la magie de son cinéma pour faire se côtoyer les songes d'une enfant et les flatulences d'une reine. Alors que le Bon Gros Géant fait scintiller nos yeux et nos émotions dans la peau de Mark Rylance, ce sont surtout les zygomatiques qui sont mis à rude épreuve, dans les rires ardents et les émerveillements primaires, là où les traits du géant se confondent avec ceux de son metteur en scène, là où le magirêve devient cinéma. 





Ce cinquième épisode de l'ère glaciaire à tout de la suite de trop : aussi subtile qu'un mammouth dans un magasin de porcelaine, cet opus plonge tête baissée dans la bêtise assumée, multipliant les gags ras-la-casquette, même l'ancien atout Scrat devient complètement risible, sodomisé à coups de gland par ses propres créateurs à court d'inspiration. Le rythme a beau être soutenu, plus rien ne marche, film d'animation en mode pilotage automatique qui fait tourner de curieux messages réactionnaires.





Le réalisateur de The Chaser signe un thriller magistral au carrefour des genres, nous égarant dans de poisseuses fausses pistes, plongeant ses personnages un brin cloches dans les confins effrayants de l'enfer. Le temps s'étire, l'ambiance s'empoisonne, et un hameçon venu des ténèbres agrippe nos tripes et nous attire dans une redoutable abysse mystique. Une harmonie maléfique est en oeuvre ici, conjurant les attentes, détournant les convictions, signes d'une des grandes claques de cette année au cinéma.




Christophe Barratier à le grande mérite de plonger sans parti-pris dans une affaire aussi fraîche avec une vrai envie de cinéma, loin du film du dimanche soir sur la première chaîne. Porté par un acteur principal enivré par le rôle, on suit cet addict du gros sou, grimpant, chutant, séduit, insulté, tel le pantin d'un destin pervers qui va jusqu'à devenir la figure d'un zombie contaminé par la finance. Une bonne surprise qui tient en haleine.



Commentaires

  1. Le dézingage que se prend Le BGG est assez violent. Surtout quand les arguments d'un magazine comme Mad Movies pour le dézinguer sont des éléments qui moi me convainc de sa grandeur. En attendant un beau film familial ne prenant pas son public pour des imbéciles (soit les trois quarts des productions dites familiales, les chipmunks en tête), bien réalisé et charmant.
    Na Hong Jin a encore frappé avec un sens du tact pour le moins fulgurant. Il faudra m'expliquer comment un film pareil peut ne pas être en compétition à Cannes. Surtout quand on nous ressort le truc des abonnés de la croisette, alors que le réalisateur est là haut depuis son premier film là bas sans la compet entre les mains. Pour sûr que le film aurait moins passé inaperçu et aurait attiré les foules...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés