Critique : Youth


Reflet cocasse du temps qui passe à travers le prisme de l'art, Youth puise la majeure partie de son énergie dans la performance du duo en tête d'affiche, Caine et Keitel, remarque couple emmuré dans les souvenirs de leur passion, sans compter la sublime Rachel Weisz qui tel ses compagnons parvient à nous faire passer du rire aux larmes en un clignement d'œil. Garnie de plans élégants et d'une photographie éblouissante, on aurait aimé que la réalisation de Sorrentino suive cet équilibre entre drôlerie et mélancolie dans le bon sens. Malheureusement, le cinéaste italien s'enfonce très rapidement dans l'auto-contemplation dérangeante, jouant prétentieusement sur le rapport de l'image au son, transformant une idyllique subjectivité en pub Milka. Nanti, il creuse les poisons de la passion dans un exercice méta sans aucune subtilité ni sensibilité, rendant son film dégoulinant et ringard. Malgré ses qualités, Youth nous perd en se complaisant dans le grotesque, mais nous rattrape in-extremis grâce à ultime séquence enfin bouleversante de simplicité et de mélancolie, éclatante cantate du désir et du temps.


Commentaires

  1. Encensé par la critique (je ne sais plus quel canard ciné titre "notre palme d'or"), "Youth" (et son affiche bien balancée) m'aurait presque poussé jusque dans la salle histoire de faire taire mes a priori sur le style pompier de Sorrentino (je garde un souvenir assez pénible de "il divo"). Mais voilà, je viens de lire ton avis et mes craintes semblent se confirmer. Je vais garder mes sous pour d'autres découvertes.

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    1. Je n'ai pas vu ses précédents films, mais oui si le bonhomme a un style pompier il le garde bien ici. À toi de voir ;)

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  2. Je précise être une grande fan de Sorrentino (mais vraiment) et j'apprécie toujours son travail mais ce Youth m'a déçue. Je ne le traite pas de mauvais film mais je ne vois pas où il veut en venir, je l'ai trouvé assez long et superficiel, trop surécrit, pas bien équilibré, les scènes s'enchaînent mal. Après on retrouve évidemment un certain savoir-faire de Sorrentino qui sauve quand même pas mal les choses mais voilààà.
    Je ne sais pas si tu aimeras forcément ses autres films (car avec Sorrentino, normalement, ça passe ou ça casse) mais même si tu n'accroches pas à La Grande Bellezzza, This must be the place ou Il Divo, je pense que tu devrais les préférer à celui-ci.

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    1. Ne serait-ce que pour son sens du cadre, je serais curieux de voir ses autres films, je vais essayer d'éviter l'appréhension d'un cinéma prétentieux. Mais nous sommes d'accord sur ce dernier cru qui se révèle surdosé et superficiel.

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  3. Je n'avais pas du tout aimé La grande bellezza, creux, vain et prétentieux. D'après ton billet, il me semble que Sorrentino tombe dans les mêmes travers... Pourtant j'avais bien aimé Il divo.

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    1. Oui du coup ça revient toujours sur cet aspect un peu prétentieux... J'ai de moins en moins envie de découvrir La Grande Bellezza du coup ^^

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  4. Très joli film, le seul vrai défaut est que les deux personngaes n'ont pas le même traitement, Caine supplantant nettement Keitel... Ce qui a des répercussions à tous les niveaux

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    1. Il m'a semble que leur traitement était à peu près égal, tant dans le récit que les émotions données... Mais bon là c'est mon point de vue de spectateur déçu ^^

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