Critique : Life


Photographe de son métier, Anton Corbijn creuse avec Life la relation quasi-mystique entre celui-ci et son sujet, tombe d'une passion éphémère retransmise avec une certaine justesse dans son film. Qui de mieux qu'un mythe prématuré comme James Dean pour un tel portrait, encore aujourd'hui spectre d'une folie hollywoodienne, que Corbijn pose constamment au creux de la romance sous-jacente avec le photographe Dennis Stock, de la fascination au rejet en passant par la jalousie. Leur relation est plutôt subtile, presque funèbre, où la mort hors-champ de l'icône et l'extermination des stars par l'industrie se couplent au fatal embrasement du lien entre les deux artistes devant et derrière la caméra. DeHaan et Pattinson, l'un charnel, l'autre ankylosé, donnent alors une belle texture au cœur de ce film nettement exigeant. Spleen vaporeux entre deux incandescences écarlates, Life tend à se perdre dans quelques menues longueurs et élans verbeux, mais ce serait se détourner de l'ampleur déconcertante de sa mélancolie et de son amertume, les tripes de la légende.


Commentaires

  1. Assez d'accord avec toi, c'est un film qui ressemble aussi à son premier film Control sur Joy Division. Beaucoup de mélancolie et de superbes acteurs le tout forcément avec une sublime photographie ! Un peu le Jerry Schatzberg contemporain pour ma part !

    Bon article sinon !

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    1. Merci Goodfeles ;) Ça fait longtemps qu'on m'en parle de Control, faut que j'y jette un œil !

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  2. Spleenesque en effet ce bout de route que l'on partage avec Jimmy et Dennis, de la jet set de Château Marmont à la ferme Winslow à Fairmount, Indiana. Le film s'intéresse en effet à la place du photographe face à son modèle, et comme le dit très justement Goodfeles, il y a un peu de "Control" dans l'approche, et pourquoi pas une touche de Jerry Schatzberg. J'ajoute à la liste des qualités du film (car je n'en ai pas parlé dans ma chronique) la très belle bande-son signée Owen Pallett.

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    1. Oui cette ambiance musicale est à la fois très sensuelle et perturbante... Définitivement il faut que je regarde Control !

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  3. Très belle chronique ! Après l'excellente signée Princecranoir, celle ci me donne davantage envie de découvrir ce biopic.

    J'en profite pour te communiquer la nouvelle adresse web de mon blog : http://poingcritique.wordpress.com

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  4. Un beau et bon film, dommage que le partie "ferme" prenne tant d'importance sur la durée du film.

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    1. Ah cette importance donnée à ce lieu est pourtant essentielle, le cœur même du personnage de Dean dans ce film est le mot "home". Mais j'en conviens cet acte tire un peu en longueur.

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