Critique : Dheepan


Comme cette famille sri-lankaise jouant leur rôle pour s'adapter à notre société malade, Dheepan se couvre de la chronique sociale pour mieux faire entendre son cœur battant de thriller, tel son personnage principal à l'apparition du titre qui émane de ténèbres surnaturelles, fantômes de guerre, poltergeist insidieux. La frontière des genres est fébrile, perturbante, mais elle fait finalement la force du dernier film de Jacques Audiard, qui aborde avec autant de force la simplicité des rapports humains et l'inhérente violence sociale au cœur du polar. Le fil du scénario est tout aussi fébrile sous ce poids maîtrisé, manquant plusieurs fois de finesse jusqu'à son épilogue, mais il est d'une clarté limpide qu'Audiard n'est pas la pour le réalisme et la pertinence, mais pour un simple souffle cinématographique entre Peckinpah et Scorsese, où le mouvement de l'image nous contamine des maux viscéraux qu'elle capture. Pourquoi chercher obstinément un plein politique, alors que Dheepan est avant tout un intense exercice de pur cinéma, ce que le cinéaste concrétise lorsque les deux protagonistes observent la cité derrière le cadre de leur fenêtre, main dans la main, clamant "On se croirait au cinéma".


Commentaires

  1. Je n'ai pas trouvé le film mauvais mais j'ai tout de même été très déçue, j'avoue ne pas comprendre sa Palme. C'est bien réalisé, les acteurs sont très bons, l'exil et la famille sont deux thèmes traités avec une certaine efficacité, par contre tout le délire autour de la banlieue et les passages oniriques me m'ont vraiment pas plu. De plus, je trouve que ça manque d'émotion et la fin est juste stupide selon moi.

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    1. Même si je ne le qualifierais pas de stupide, l'épilogue est en effet de trop. Par contre ces passages oniriques, les ralentis, les lents fondus au noir, ça a été plutôt efficace sur moi.

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  2. Je suis totalement derrière toi pour défendre "Dheepan". Peut-être pas le meilleur Audiard (ses deux précédents étaient sans doute meilleurs), mais un film à la direction d'acteurs remarquable (rappelons que Anthony Jesuthasan est écrivain et pas comédien), superbement réalisé. Je lui pardonne aisément ses scories, et je valide même cet épilogue que tout le monde rejette (qui nous dit que ce qu'on voit est la suite de l'histoire ?) Une Palme d'or mal aimée peut-être parce qu'elle est mal aimable.

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    1. J'en suis ravi ! ^^ Que veux-tu dire concernant l'épilogue ? Que ça se passe avant ? Ou que c'est une sorte de fantasme, un rêve ?

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  3. Beaucoup aimé, Audiard est reste le n°1 français même si ce film est un peu surestimé en ce qui concerne la palme d'Or

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