Critique : Love 3D


Au cœur de toutes les controverses, Love a le mérite fascinant de poser son parti-pris frontal au carrefour de son récit et de sa forme. Au bout de deux heures lancinantes et électriques, un seul motif restera cohérent : l'œil. Sur des airs musicaux de John Carpenter, maître de la caméra "présence", ce thriller amoureux guindé de moultes galipettes fusionne avec le regard de son protagoniste principal, jeune cinéaste égocentrique et naïf qui rêve d'un film fait de larmes, de sang et de sperme, naviguant en capitaine abandonné dans ses souvenirs avec son ex-compagne : Noé plonge brièvement chaque cut du film dans le noir, tel un clignement d'œil, mécanisme subjectif perturbant mais essentiel à la palpable mélancolie carmin qui suinte du métrage, jouant sur le rapport des images, la confrontation des temporalités, l'inhérente douleur du souvenir. Le jeu perfectible des acteurs, la multiplicité vertigineuse des scènes de sexe ou la tendance à l'auto-référence n'arrivent jamais vraiment à perturber le fonctionnement du drame intime qu'est avant tout Love, découvrant frontalement les corps pour progressivement construire la puissance charnelle du dernier plan, conclusion écarlate d'un toxique cauchemar éveillé.


Commentaires

  1. Tire un peu en longueur, 3D pas forcément exceptionnelle, un peu trop d'autocitations lourdes et des dialogues souvent pauvres. Mais Gaspar Noé donne lieu à une vision singulière de l'amour. L'amour donne lieu au sexe mais pas forcément dans l'autre sens. Murphy est d'abord montré comme un idiot avant que le spectateur voit que tout n'est pas blanc ni noir entre tout le monde. Murphy a beau rejeté Omi mais elle le remet dans un droit chemin qui n'est plus issu du souvenir (donc de la tristesse et du desespoir) mais vers l'avenir. Une vision intéressante de l'amour d'autant que le film n'a absolument rien de trash. Ce sont juste des jeunes qui baisent. On n'est pas au même rayon que Nymphomaniac.

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    1. Nous sommes relativement d'accord, c'est une vision singulière, viscérale et assez fascinante, en effet nous sommes bien loin des excès vulgaires et sur-démonstratifs du film de Lars Von Trier.

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    2. Je trouve Nymphomaniac grandiose même si purement radical. Je préfère voir 10 Nymphomaniac que la grosse branlette hollywoodienne de Christian Grey. ;)

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    3. Je préfère me passer carrément des deux, personnellement ;)

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  2. D'un ennui mortel, prétentieux et pire que tout sans aucune émotion ce qui le déclasse forcément

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    1. Prétentieux peut-être. Pour l'auto-citation, Noé dit que ce n'est pas de la prétention mais qu'il aime que sa filmographie fasse un, que ses films soient liés plus ou moins différemment, décrivant ceci en citant Kubrick. Quant à l'utilisation de son nom pour les personnages, ce ne serait selon lui qu'une paresse d'écriture... Bon après pour trouver le vrai du faux entre ses arguments et son probable narcissisme... ^^

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