Version Longue : Léon




APPARTEMENT 410
version intégrale
(+15sec)

Le premier ajout de cette version longue arrive assez tardivement : alors que Léon et Mathilda emménagent dans leur appartement de substitution pour leurs "affaires", le tueur demande à l'enfant quel âge elle a. Celle-ci lui répond 18 ans, mais Léon n'est pas dupe. "Tu veux voir mon permis ?" réplique Mathilda, ce à quoi l'homme répond juste qu'elle a l'air plus jeune que ça.




L'APPRENTISSAGE DE MATHILDA
scène(s) inédite(s)
(+13mn40)

Plus tard dans le film, une longue succession de scènes inédites nous dévoile Léon prendre sous son aile Mathilda lors de ses missions. Ce nouveau segment développe alors bien mieux l'entraînement de Mathilda, les influences de Léon sur l'enfant et leur relation ambigüe.

Alors que Léon rentre blessé de mission et nettoie ses égratignures, un premier supplément montre le tueur rejoindre Mathilda à table. Celle-ci lui sert un verre de lait, puis 20 000 $ : elle lui demande d'exécuter l'agent Norman Stansfield qui a tué sa famille. Léon refuse catégoriquement : "trop personnel, dit-il, la vengeance laisse toujours un goût amer". Il tente de lui faire comprendre que tuer un homme ne laisse pas indemne. "Je ne cherche pas à dormir, répond Mathilda, c'est l'amour ou la mort". Léon lui fait alors comprendre que ses jeux de séduction commencent à le lasser. "Ce jeu rend les gens plus gentils, dit-elle, ça les fait réfléchir". L'enfant prend alors le revolver que lui a tendu Léon, laisse une chambre vide et se le pointe sur la tempe. "Si je gagne, je reste avec toi à vie" dit-elle. Le tueur se laisse convaincre, et repousse le pistolet de justesse au moment où Mathila tire, touchant une lampe.





S'ensuit une seconde scène inédite où Léon emmène présenter Mathilda à Tony comme son apprentie. "Je suis blessé, lui dit-il, j'ai besoin d'aide". Tony semble dubitatif devant l'âge de la jeune fille, mais finit par donner son accord en lui servant un verre de lait.



Une nouvelle scène inédite nous montre alors Léon emmener Mathilda au cœur de sa nouvelle mission : le tueur patiente sur le côté d'une porte d'appartement, bouchele judas avec un chewing-gum et sonne à la porte. Mathilda doit improviser : elle se fait passer pour une petite fille effrayée. L'homme derrière la porte ouvre, Léon coupe alors la chaîne de la porte et repousse sa victime dans son appartement. L'homme est un dealer de drogue, de la préparation de cocaïne repose sur une table : le parfait contrat pour entraîner Mathila. L'enfant s'empare de son pistolet silencieux et vise le dealer, qui tente de s'expliquer en vain. Elle lui tire dans le ventre : ce n'est qu'une bille de peinture. Léon lui explique alors sa technique : la seconde balle doit être plus haute, au niveau du cœur et des poumons - un coup pour immobiliser, un coup pour éliminer. "Jamais dans le visage, dit-il, si le client n'est pas identifiable on ne te paie pas"... Le tueur achève alors le dealer et explique à Mathilda comment nettoyer son arme. L'enfant brûle la drogue dans la pièce, puis quittent l'appartement.






Dans l'ajout suivant, Léon et Mathilda sont dans un restaurant, tous deux buvant du champagne pour fêter leur première collaboration. L'enfant est rapidement ivre, et lui demande s'ils peuvent s'embrasser comme dans les films. Il refuse malgré l'insistance de Mathilda. Elle lui demande alors à quel âge il a exécuté son premier contrat : "19 ans" répond-t-il. "Je t'ai battu !" crie-t-elle, avant de boire goulument du champagne et rire aux éclats.




L'ultime ajout de cette série de scènes inédites est un montage des plusieurs missions que Léon enchaîne pour l'entraînement de Mathilda, avec la même méthode que le dealer précédemment : judas bouché au chewing gum, distraction par Mathilda, chaînes de portes coupées... Lors de leur ultime session, leur victime ne se laisse pas berner et tire à travers la porte. Léon jette alors une grenade dans l'appartement pour éliminer sa cible. "Le coup de la goupille" dit-il à Mathilda.









LA SOLITUDE DE MATHILDA
scène inédite
(+3mn20)

Peu de temps après, suite à la discussion entre Léon et Tony pour qu'il donne toutes ses économies à Mathilda... Une nouvelle scène inédite montre le tueur laisser seule l'enfant dans l'appartement, partant pour une mission trop dangereuse pour elle. "Avec toi tout a changé, dit-il, j'ai besoin d'être un peu seul, et tu as besoin de grandir".



Mathilda fait des courses, s'occupe de la plante de Léon, regarde la télévision... Elle sort fumer une cigarette, et se fait alpaguer par une bande de jeunes garçons jouant au basket. Ils lui demandent de l'argent pour s'asseoir là où elle est, dix dollars par mois : elle lui donne un billet de 100 pour toute l'année, qu'ils la laissent tranquille. "Allez ailleurs, leur demande-t-elle, j'ai besoin de réfléchir".







LA PREMIÈRE FOIS
scène inédite
(+5mn20)

Après que Léon ait sauvé Mathilda des hommes de Stransfield au commissariat... Dans cette ultime scène inédite, Mathilda, habillée d'une ravissante robe rose, approche Léon et commence lui parler de "la première fois". "Est-ce que ma première fois va me plaire ?" lui demande-t-elle. L'homme refuse catégoriquement la "demande" de Mathilda. Il lui parle alors de son premier amour, en France, une jeune fille d'une famille très respectable. Le père de sa petite amie ne voulant pas de leur relation, il la tua. Le meurtre fut déclaré comme un accident. Léon mit fin alors fin à ses jours, "lui aussi a eu un accident" dit-il. Puis il immigra aux États-Unis pour retrouver son père à lui, qui travaillait pour Tony... Mathilda finit par lui demander qu'ils passent la nuit dans le même lit, ce qu'ils font, s'endormant enlacés.

La relation entre le tueur et l'enfant est donc poussée à un tout autre degré, où la dimension sexuelle entre eux deux devient concrète. Au-delà de cet aspect subversif, on y apprend plus sur le passé de Léon : ce qu'on perd en mystère sur le personnage, nous y gagnons nettement plus en empathie.








Défini plus tard comme le Director's Cut par Luc Besson, le montage salles de Léon était à la base prévu pour l'exploitation internationale. Il n'est donc pas étonnant de voir que la totalité des scènes qui furent coupées concernent uniquement la relation ambigüe entre Léon et Mathilda - de la relation de l'enfant face au meurtre prémédité jusqu'à sa romance avec un adulte en passant par la consommation d'alcool, de quoi défier tout puritanisme. Il est évident que ce nouveau montage peut provoquer certains spectateurs, mais il est tout aussi évident que les limites atteintes dans ces scènes inédites finissent par supprimer toute l'ambiguïté probablement dérangeante du montage original. Nous y perdons certes le mystère autour de Léon, son histoire et sa technique, mais c'est pour mieux amener l'empathie que l'on a pour ce personnage et son duo avec Mathilda. Cette version longue de Léon est par conséquent à privilégier à la version cinéma, dont la nette subversion décuple sa sensibilité et son universalité.



Commentaires

  1. Pour moi le meilleur film de Besson avec "Le Grand Bleu"... Du génie qui s'est évaporé avec le temps ;)

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