Critique : The Pyramid / Pyramide


The Pyramid peine à se démarquer de la masse de productions horrifiques similaires à la mode dans les caveaux d'Hollywood, même s'il ne se permet aucune retenue à répondre aux demandes du spectateur. Empoignant à demi-mesure le found-footage, entre prises de vues des protagonistes et cadres omniscients hasardeux, Levasseur ne maîtrise jamais vraiment son dispositif, multipliant les incohérences visuelles dans une gestion de l'espace absolument nulle. Appuis musicaux inutiles, personnages aussi stupides que pondéreux, absence totale d'enjeux... c'est une véritable ruine au premier degré, mais cette envie de cinéma jusqu'au-boutiste finit finalement par se laisser regarder pour sa propre conscience fertile de série B : le film se révèle d'une belle générosité sur un rythme assez soigneusement tenu, tandis que le réalisateur ne cherche jamais à nous cracher dessus en concrétisant face-caméra un sanguinolent bestiaire. Il va jusqu'à livrer une discrète mais louable parole réflexive au cœur du climax, remise en cause intra-muros de la monstration dans ce type de cinéma. Aussi conventionnel qu'incontrôlable, berceau poussiéreux de clichés et de frayeurs forcées, The Pyramid conserve un petit capital sympathie, assez récréatif pour passer bière en main une soirée correcte dans l'au-delà.


Commentaires

  1. Encore une caméra secouée en tous sens j'imagine. Au vu du résultat décrit ici, je vais donc m'abstenir, tout Levasseur soit-il. Côté pyramide (en deux briques), je reste campé sur mes "Ruins" précolombiennes.

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    1. Ah c'est vrai il était tout à fait sympathique celui-là ! Tu peux t'abstenir de cette pyramide-là.

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