Critique : Dark Places


Nouvelle adaptation de l'œuvre de Gillian Flynn après Gone Girl, l'intrigant et viscéral Dark Places n'a malheureusement pas été mis entre les bonnes mains. Drame redneck cloisonné dans le prisme du thriller sataniste, il est de prime abord évident que le film repose sur un matériel solide, fidèle au récit-reflet propre à l'auteur. Mais mener une double-structure demande rigueur et doigté, ce que Paquet-Brenner n'a pas : filmant douteusement l'interrogation constante de ses protagonistes dans un faux-réalisme dépassé, le réalisateur peine à dérouler son intrigue laborieuse, résurgence de twists fantômes, piétinant totalement l'influence des temporalités dans d'improbables contaminations visuelles, abusant de l'ultime artifice de la voix-off pour sauver son affaire. Quête essoufflée, Dark Places n'atteint jamais la tension et les tripes qu'il mérite, reposant sur les lauriers de sa source, mais le tout à le mérite de laisser tenir en haleine, lieu sombre illuminé par la performance de ses acteurs et quelques bonnes intentions de cinéma.


Commentaires

  1. Dans l'ensemble, le film se laisse regarder mais le résultat reste très décevant (je parlerais même de ratage), surtout qu'il y avait de quoi faire un film grandiose, or ça manque cruellement de profondeur. Effectivement, Gilles Paquet-Brenner n'était pas la bonne personne, tout semble balancé un peu n'importe comment, le réalisateur passe à côté de la réflexion sociale et les personnages sont caricaturaux, d'autres ne servent à rien (ceux du cub) ou sont trop passifs (ex : l'héroïne). Et puis finalement, le dénouement ne surprend pas.

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    1. Ratage serait peut-être un mot un peu fort, mais comme tu le dis, il y avait beaucoup de potentiel, c'est plus un gâchis.

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  2. Je vois que Charlize s'est refait des cheveux (en est-il de même pour Nicholas Hoult ?) depuis sa cavalcade avec Mad Max. Je ne connais pas ces "dark places" de Gillian Flynn nénamoins la présence de Paquet-Brenner à la réalisation (dont j'avais plutôt bien aimé "elle s'appelait Sarah") m'intrigue, mais à vous lire, on dirait que ce n'est pas forcément le choix le plus judicieux.

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    1. Eh oui, Nicholas a des cheveux ^^ Très franchement, on a constamment l'impression que P-B ne comprend pas le matériel qu'il a entre les mains. Mais le film reste relativement efficace, à toi de voir ;)

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  3. Pas vu mais passer du réalisateur de Seven à celui de Gomez et Tavarès cela fait très mal.

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    1. Le contraste est violent. Paquet-Brenner n'est pas non plus un tâcheron, mais la maîtrise totale d'un Fincher aurait fait du bien à ce film.

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