Critique : Alleluia


Nous invitant à un terrifiant voyage aux confins de la scission de l'âme humaine, Fabrice du Welz découpe son Alleluia en chapitres, la notion de la narration et du temps se révélant impalpables tandis que les victimes tombent. L'amour, essence radicale du récit et du dispositif, consume les deux protagonistes tout comme la texture de l'image en 16mm, livrant un objet filmique aussi atypique que perturbant. Le réalisateur tangue constamment entre le grotesque désinvolte et l'ultra-violence sordide, dans un montage qui parfois se laisse aller dans des effets outranciers pour mieux nous contaminer de la pulsation désaxée du couple, interprété par un duo d'acteurs littéralement possédés. Enfonçant très rapidement le spectateur dans une hystérie mystique, le film invoque alors dans la scission une fusion indestructible, presque empathique. Alleluia est un véritable trip infernal, une expérience sensorielle exiguë et charnelle, qui à travers l'union malade de ces tueurs éviscère la notion de passion pour lire dans ses entrailles.


Commentaires

  1. De la part de Du Welz (dont j'ai encore du mal à digérer le Calvaire), on peut s'attendre à tout, surtout à du sordide. Mais ta critique enthousiaste, en plus de cette glaçante affiche, m'intrigue beaucoup.
    D'ailleurs, dans quelle condition as-tu pu le découvrir ?

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    1. Je l'ai vu en DVD - dans de bonnes conditions - malheureusement j'ai loupé le passage en salles et vu la texture très particulière de l'image je le regrette amèrement. Si tu as eu du mal avec Calvaire, Du Welz renoue un peu avec ce ton-là, donc je ne sais pas si tu apprécieras... mais c'est une expérience à tenter pour sûr ;)

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    2. Cela m'étonne pas, je ne savais moi même pas qu'il avait été distribué en salle. Décidément, les films de genre, chez nous, on aime pas.

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    3. Distribué à la sauvette en novembre dernier avec un beau -16 comme ça tu le vois encore moins. Et la presse en avait rien à foutre aussi. Seul Mad Movies en a réellement parlé et a été jusqu'à la couv.

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    4. Oui c'est véritablement triste. Et ces films ne sont pas aidés par Les Cahiers de Cinéma qui a récemment qualifié le "cinéma de genre" comme "malhonnête". Très triste.

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    5. Je ne lis pas Les cahiers du cinéma à cause de ce genre d'arrogance primaire et la connerie bobo qu'ils véhiculent à l'image de Télérama et Les Inrocks. Une inculture du genre qui se confirme depuis sa création (remember Truffaut qui se faisait taper sur les doigts par la direction car il défendait le "maître du suspense").

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    6. Je ne lis pas non plus ce papier, j'ai vu ça sur Twitter ;)

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    7. Moi aussi mais ce genre de réactions venant de ces gens n'y comprenant rien (cela se voit chaque année sur le même genre de films) commence sérieusement à me gonfler.

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  2. Je l'ai eu en DVD avec Mad Movies donc je le verrais tôt ou tard. Mais j'aurais préféré le voir en salles...

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