Critique : Still Life / Une Belle Fin


Fascinante ode à la vie dans l'étreinte de la mort, Still Life nous livre le portait monotone d'un attachant héros ordinaire, modeste fonctionnaire justicier contre la solitude des défunts. Une incroyable empathie s'installe pour ce personnage, impeccablement interprété par l'atypique Eddie Marsan, lui-même enveloppé d'une solitude inconsciente, contemplation du détail démultipliant la générosité et l'implication du protagoniste pour ce qu'il fait. Optant pour un rythme lancinant et ciselé, Pasolini épouse le langage du cinéma avec succès, la rareté des mots soulevé par la répétition de quelques notes de piano, l'impassibilité du cadre nous mariant à l'intériorité dégagée. Puis le brave homme s'ouvre au monde, l'enquête vire au romantique tandis que l'ambiance change de déguisement, métamorphosant Still Life en fable aussi juste que bouleversante. La dernière image caresse alors le fantastique, ultime tableau qui alourdit notre petite boule dans la gorge, dévoilant l'unique démonstration candide de la sincérité poignante d'un réalisateur et de son personnage.


Commentaires

  1. Sur le moment, j'ai trouvé le film un peu mou. Mais en sortant de la salle, même si je ne trouve pas le film forcément parfait, je m'aperçois qu'il m'a énormément plu et plus touchée que je ne l'aurais cru. Je l'ai trouvé vraiment bien réalisé, bien écrit et malgré son air doux et son ode à la vie, j'ai quand même trouvé qu'il y avait quelque chose de féroce derrière, plus que le film veut laisser croire. En tout cas, quelque chose fonctionne réellement, ce n'est jamais larmoyant et Eddie Marsan est vraiment un excellent acteur (contente de le voir dans un premier rôle !).

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  2. Ca me tente, ça me tente... Je viens de lire le billet de Tina, maintenant le tien... Hum, un film à voir !!!

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