Critique : Lost River


Cajolé dans l'ambre pimpante de l'œuvre première, Ryan Gosling délivre avec Lost River un morceau fantasque de cinéma expiatoire, aussi personnel que distant. Kaléidoscope de quêtes tragi-oniriques, entre amour, fortune et exorcisme, le film se révèle comme un objet ouaté, désincarné, la narration perturbante et lymphatique nous enfermant aux côtés de ses personnages perdus dans cette ville de Lost River, halo coagulé tel une cité immergée. Blindé de références éparses tel un spectre de Refn couplé à un zombie gothique, le métrage parvient pourtant à creuser son identité, macabre, urbaine, flottante, dont les expérimentations hasardeuses du cadre et du montage ne parviennent jamais à rendre hommage au travail fantastique de la photographie. De la contemplation du flux aux exaspérations de ses balafres, il est complexe de se laisser totalement inonder dans l'expérience Lost River, moins exigeante que provocante. Coquille vide ou prouesse subjective, le premier film de Gosling ne sait sur quel pied danser mais à le mérite indéniable de laisser un goût différent dans l'âme de chaque spectateur, capable d'ouvrir ses portes iodées à qui veut bien y entrer.


Commentaires

  1. J'avais peur de voir un ofni compte tenu de ce que j'avais entendu (surtout le rapport à Refn et Lynch) et finalement il n'en est rien. Certes le récit est simple mais il est efficace. Et pour un premier film c'est intéressant au moins visuellement. Je veux bien voir tous les jours des premiers films aussi bien filmés. Bon casting aussi, musique hypnotisante.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. D'accord sur la musique, elle est superbe, l'écoute séparée est délicieuse.

      Supprimer
  2. Hâte de le voir. Les échos sont bons... ça se confirme ici !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés