Critique : Avengers - Age of Ultron / L'Ère d'Ultron


Dans l'ombre d'une créature de Frankenstein incontrôlable, Whedon et Stark se confondent à travers le prisme décadent d'Age of Ultron, blockbuster de la transcendance et du lâcher-prise. Fusion de quelques brouillons Marvel se retrouvant autonome, le second opus Avengers se coud de motricités ambivalentes : révélations sources, narration augmentée, magouilles en sous-sol, démesure de l'action en cinémascope, overdose de punch-lines... Tel Ultron aussi incomplet qu'imposant, le film cherche la ruine, des cendres de résurrection. Whedon lâche les chiens dès la première image, plan-séquence iconique, son dernier souffle déchaînant les enfers du spectre évident d'une production chaotique. Là où quelques figures secondaires se perdent dans de nouvelles intrigues maladroitement introduites, cet effrayant dédoublement se révèle littéralement jouissif, détournant le potentiel tragique, manipulant les mythes. Car c'est dans cette initiative presque désespérée que Whedon parvient finalement à trouver son rythme et poser son cadre, répétant le mécanisme et le dynamitant avant de filer à l'anglaise. Age of Ultron est une quête quasi-cathartique, désenchantée et indomptable, le cinéaste embrassant les ficelles impalpables de sa création fantasmée à travers le syndrome de Pinocchio, l'onirisme contrasté et les racines de conflits futurs. Il laisse les clés sur un scintillant abandon que les plus tatillons pourront interpréter comme du découragement.


Commentaires

  1. Un cru un peu plus écrit que son aîné même si on dénombre pas assez d'exposition pour Ultron (ce qui fait qu'on ne comprend pas ses enjeux) , des passages inutiles ou trop longs. Et pour Quicksilver c'est le même procédé de mise en scène que dans Days of future past.

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    1. Oui déjà niveau narration c'est plus fluide que le premier. Après concernant Quicksilver, il n'y a pas trente mille façons de représenter son pouvoir, Whedon n'a pas le punch de Singer mais ça fonctionne plutôt bien je trouve.

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    2. Non mais il n'y a rien d'innovant non plus malheureusement.

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  2. Je ne sais pas si c'est une "quête quasi-cathartique, désenchantée et indomptable" de Joss Whedon mais ça donne l'impression d'un brassage foutraque de plus en plus bourrin dont l'intérêt principal réside dans la substitution des super-héros du premier âge pour une relève aux contrats flambant neufs. Plaisant mais sans plus.

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    1. Me serais-je laissé aller dans l'extrapolation ??? J'ai passé un super moment, c'est un bel objet, je ne demandais pas plus. Mais bon je n'ai pas eu le plus faut dire :)

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  3. Je ne partage pas ton enthousiasme, aussi modeste soit-il. Cette suite est un divertissement creux, sans grand enjeu, et mollement filmé (un travail photographique inexistant, comme c'était déjà le cas dans le dernier Captain America). On sent que Whedon a accouché de ce film dans la douleur.

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    1. Oui j'ai lu ta chronique, c'était raide ! :) On sent que le film est né dans la douleur, en effet, mais je sais pas ça lui donne du cachet, un quelque chose d'apocalyptique. Mais bon j'étais un vrai gamin devant ce film, peut-être que je manque d'objectivité.

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  4. Quand Marvel/Disney prend son public pour un con ça donne Avengers Age of Ultron ou Civil War :/

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