Critique : Cinderella / Cendrillon (2015)


S'extirpant soigneusement de la bouillie digitale des récentes productions live Disney, Kenneth Branagh préfère replonger avec Cinderella dans la pellicule dorée du cinéma classique Hollywoodien, ses couleurs flamboyantes, ses costumes resplendissants, ses décors grandioses. Épargné du monopole tout-numérique dès qu'il peut s'en détacher, le réalisateur étreint avec force toute la mièvrerie assumée du conte, ses bons sentiments mielleux et ses répliques affectées. Le premier degré est tel que ce ballet de lumières fonctionne de manière inattendue, même si cela ne fait jamais disparaître un reflet persistant : malgré quelques développements bienveillants, le dessin animé original de 1950 se suffisait amplement à lui-même. Devant la caméra, seule Cate Blanchett, explosive de sadisme, surnage dans un casting quelque peu assommant, pas aussi emportés que Branagh dans ce conte de courage et de bienfaisance qui fera sans doute crier les détracteurs du praliné. Le metteur en scène, guidé par une étonnante sincérité, amène à la vie le conte de Cinderella par le biais d'un cinéma qui, délicat en tout points, se révèle hôte de la magie au quotidien, notre petit soulier de verre.


Commentaires

Articles les plus consultés