Critique : The Majestic


The Majestic est un film qui transpire le cinéma, un fantôme hantant chaque composition de plan, un moteur poussant chaque enjeu, un vecteur universel ravivant la mémoire et les émotions. Réalisant une comédie dramatique méta au classicisme éminemment conscient, Frank Darabont nous livre au premier degré une romance mièvre et une quête patriotique dégoulinante. Mais sa force est de finalement déclencher en sous-texte un tout autre mécanisme par le biais du cinéma acquis : la lumière du projecteur, naïve lueur dorée emplie d'espoirs et de protection dans l'obscurité, divulgue un constat beaucoup plus aigre, celui d'une Amérique qui se ment à elle-même sur fond de guerre iconique et de communisme exhibé. Dans cette peinture douce-amère, Jim Carrey surprend, empêchant ses coups de folie dans des émotions retenues, entouré par la magnifiée Laurie Holden et le touchant Martin Landau. Didactique mais enivrant, The Majestic délivre un souffle mélancolique affecté, passion ingénue d'un cinéaste désabusé, dévoilant façon grand-écran les deux faces d'un âge d'or légendaire, relique époussetée de l'apaisant refuge contre une terreur très américaine.


Commentaires

  1. Je ne comprends pas trop les critiques qui ont descendu ce film qui, en plus de se situer dans la lignée de l'académisme dramatique qui valu à La Ligne Verte leur reconnaissance, se trouve être, en effet, une vraie réflexion sur le cinéma. Du Darabont pur jus, que j'aime et que j'adore.

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    1. Nous sommes d'accord 2flics ! Il y a certes un degré un peu gnangnan qu'on puisse bouder, mais ceci est totalement assumé et c'est ce qui fait la richesse et le charme du film. Des fois il y a des têtes de turc au cinéma, The Majestic en fait partie.

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