Critique : The Judge / Le Juge


Il est assez intrigant de voir un cinéaste comme David Dobkin, adepte de la comédie rebondie, toucher au cinéma prétoire et auréoler aussi efficacement dans son histoire un brin poussiéreuse et éculée toute la substance de contacts désavoués et d'émotions retenues. Conformisme à la barre, longueurs et stéréotypes comme témoins gênants, The Judge s'avère être un procès de famille absolument touchant. Toute objection se voyant retenue, on assimile rapidement les sur-développements, inhumation progressive d'un patelin cardinal et d'un passé enseveli, pour mieux apprécier le moteur même du film : la relation père/fils entre ses deux têtes d'affiches. De duels tonitruants à des moments intimes étonnement radicaux, de la forme épousant la mémoire 8mm aux larmes d'un simple échange de regards, la solide performance des acteurs nourrit et embellit tous les bons sentiments, bouclier contre l'omniprésence envahissante de la musique de Newman. Offrant une généreuse galerie de personnages talonnant les extrêmes sous la scintillante photographie de Kaminski, The Judge grimpe des cordes usées pour dépasser les clichés et offrir un drame universel, ode tragique à la famille, faisant oublier avec panache les poids de son académisme.


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