Critique : It Follows


Qu'il est bon de rencontrer encore aujourd'hui un cinéma fantastique aussi audacieux et électrique, passion des suggestions et contrôle des sens entre les mains d'un jeune cinéaste à suivre de très près. Avec It Follows, David Robert Mitchell invoque avec une puissance folle un maître du genre et son œuvre phare, John Carpenter et Halloween, pour livrer un film qui fascine et hante, les jeux du cadre poussant constamment le spectateur à surveiller la forme surnaturelle dans la moindre parcelle de champ. Au-delà de son sous-texte ambigu où le vecteur de l'élément fantastique - le sexe, le chemin vers l'âge adulte - pourrait paraître quelque peu puritain pour les interprétations les plus faciles, le métrage demeure un morceau horrifique qui a de quoi marquer sa place dans l'histoire du genre, prière aux ruines réhabitées et aux écrans rétros sur de saisissants sons électroniques, pour en faire ressurgir de nouveaux codes et attentes. Effrayant dans ses évocations et terriblement magnétique dans sa mise en forme, It Follows file cent minutes durant une délicieuse chair de poule, entre tremblements et spasmes, transmettant par cette puissance cinématographique dominée un regard acidulé sur l'adolescent contemporain, proie de violences conquises et d'attentions insatiables.


Commentaires

  1. Diffusé nulle part par chez moi, ce sera malheureusement en téléchargement. Je n'attendrais pas quatre mois voire plus pour le voir.

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    1. Toujours difficile l'exploitation en France de films de genre... Damn it.

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  2. Vu les très bonnes critiques, j'attends énormément ce film et au final j'ai été assez déçue. Pas forcément mauvais mais je trouve cet enthousiasme général extrêmement exagéré. J'ai trouvé que le film avait beaucoup de défauts, beaucoup de bonnes idées mais j'ai parfois l'impression que le réalisateur ne savait pas trop quoi en faire. Il me semble aussi avoir vu une incohérence. Puis, certes, il y a quelque chose qui se passe dans certaines scènes mais honnêtement le film n'est pas très effrayant... (pourtant j'ai peur pour pas grand chose).

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    1. C'est vrai que tout le tapage autour de ce film est "un poil" excessif, ce genre d'engouement finit toujours par faire du mal au film en question. Moi perso je suis passé outre, d'où peut-être ma fascination pour ce film.

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  3. Comme Tina, j'ai trouvé ça confus. Bien sûr, l'idée de faire sortir des fantômes des nuits désaffectées de Detroit est réussie, porte même une charge symbolique importante qui pour moi était suffisante (ils m'ont rappelé "carnival of souls" de Herk Harvey). Mais pourquoi la marier à cette dimension sexuelle aux contours bizarrement freudiens ? Artistique certes, mais flou.

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    1. Peut-être flou, oui. Mais la question sexuelle du film est-elle si freudienne que ça ? Il n'y a aucune résolution. J'aime à penser que le réalisateur a utilisé cette problématique sexuelle adolescente comme pur élément fantastique pour mener au symbole d'une autre problématique : la demande constante d'attention de ces jeunes adultes.

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    2. Si c'est le cas, c'est vraiment un appel dans le vide car les seuls rares adultes qui apparaissent représentent une menace. Il y a indéniablement la cristallisation d'une inquiétude vis à vis de leur vie future. Une réflexion passionnante qui aurait peut-être mérité d'être un peu moins sibylline.

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    3. Oui c'est pas faux. Après c'est un traitement qui, dans ce genre de film aujourd'hui, à le mérite d'exister ;)

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