Critique : A Girl Walks Home Alone At Night


Dans un sublime noir & blanc rappelant à l'image les plus sauvages de nos instincts, Ana Lily Amirpour étreint le mythe du vampire pour livrer avec A Girl Walks Home Alone At Night un objet filmique atypique et fascinant, à mi-chemin entre la Hammer, Sergio Leone et David Lynch. On oublie très vite un quelconque discours politique derrière la figure fantastique voilée errant mystiquement dans les ruelles froides de ce Bad City fictif, tant le ton donné nous pousse de manière vertigineuse dans une spirale de mystère, de romance et d'intuitions aveugles. La splendeur de la photographie et l'aura électrique de la bande originale sont les quelques symptômes d'une œuvre qui ne se permet aucun remparts, ôde chimérique aux illusions saisies, où ressortent  les défauts d'un scénario un peu conciliant qui peine à crédibiliser ses enjeux. Qu'importe, A Girl Walks Home Alone At Night est un exercice réussi, western graphique plein de poésie macabre et d'idées grisantes, qui mord à pleines dents ses abysses pour mieux nous contaminer de ses addictions et tentations.


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