Critique : Frank


Chœur électrique de la discrétion et de la marginalité, Frank est d'abord en toute discrétion le biopic éphémère d'un jeune musicien en devenir, Jon Ronson, et de l'atypique leader d'un groupe avant-gardiste, Chris Sievey. Mais le film d'Abrahamson oublie aussitôt commencé ce sentier conventionnel pour atteindre sa propre identité : feel-good movie en puissance, le métrage multiplie les virages grisants, du slapstick à la chronique virale, glissant alors sans que l'on y prête attention vers le drame à la tristesse insondable. Le réalisateur expose les clichés un brin incommodants de l'environnement musical expérimental, imposant les quelques longueurs de sa sempiternelle recherche rutilante pour mieux installer la progression créative de ces figures tantôt attachantes tantôt inquiétantes. Quelques belles idées formelles se baladent - voir l'excellente ouverture et sa délicieuse quête de paroles - pour faire oublier de rares excès typiques du ciné indépendant, toutefois repaire d'une galerie d'acteurs aux facettes scintillantes et inattendues. Comme son paria de tête d'affiche et ses compagnons doux illuminés, Frank se révèle comme une touchante œuvre bipolaire, fraîche et désabusée, oscillant entre des émotions contraires pour faire se toucher du doigt les différentes affres de l'intégrité, artistique et sociale.


Commentaires

  1. Je souhaitais voir ce film (ça avait l'air sympa et puis voir Fassbender et cette grosse tête, forcément ça attire) mais il n'est pas resté longtemps à l'affiche chez moi.Je voulais aussi me réconcilier avec le réalisateur, qui avait réalisé un excellent premier film mais qui par la suite m'avait énormément déçue.

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    1. C'est le risque quand on est un petit film indé, pô facile de le découvrir en salles... Pas vu les précédents films d'Abrahamson, mais si tu dis qu'Adam & Paul vaut le coup d'œil (c'est bien son premier, je ne me trompe pas ?), j'essayerais si j'arrive à le dégoter ;)

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    2. Ah tiens, je pensais que Garage était son premier film, zut, au moins je me coucherais moins bête ce soir ! (du coup je vais essayer de trouver celui-là, ça a l'air sympathique d'après ce que je vois sur mon ami wiki). Bon, du coup, je reprends, je parle alors de son 2e et 3e films. Garage est quand même spécial (je ne peux pas garantir que ça te plaise) mais je l'avais très subtil et émouvant, bien interprété. Par contre What Richard Did m'a ennuyée, j'ai cru crever, il ne se passe RIEN (et puis voir Roisin Murphy, presque 40 piges, jouer une ado, euuhh comment dire... c'est gênant).

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    3. Garage, donc, je prends bonne note ;)

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