Critique : Foxcatcher


Dans un exercice formel glaçant, Bennett Miller perpétue après Moneyball sa vision chirurgicale et athlétique du rêve américain, ici vide et éculée. Foxcatcher envoûte par sa proportion au découpage radical de ses scènes, l'absence oppressante de musique, les jeux lourds de sens de la profondeur de champ, froid calcul du retranchement omniprésent dans une narration volontairement prosaïque. Il est difficile de prendre en sympathie ce genre de film, misant alors sur la performance salvatrice de ses têtes d'affiche comme courants d'airs dans un champ d'émotions perdues. Mais derrière l'insuffisance de ses figures, la paranoïa ambiante et la prémonition tragique permanente se cache un fascinant travail de cinéma, menant vers la cage inévitable d'une ultime séquence ultra-violente : le constat amer d'une nation qui a vu disparaître en ses utopies sa matière et ses tripes, substituées par l'emprise et la rage, traumas pathétiques et véritables de Foxcatcher.


Commentaires

  1. Pour ma part j'ai été très déçue. J'ai trouvé le film pas mal évidemment, il est très bien interprété et je dois avouer qu'il y a une véritable tension dans la seconde partie du film, qui a su traiter intelligemment des relations complexes entre les personnages. On voit bien tous les éléments qui ont poussé au drame. Mais le film est vraiment trop long, je me suis emmerdée toute la première heure... Pour être franche, je ne trouve pas le scénario et le montage très bon et je reste partagée sur la mise en scène, il y a des choses intéressantes mais elle reste bancale.

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    1. La forme du film est extrêmement particulière, on marche ou pas. Franchement je ne pense pas que la narration et le montage soient mauvais, il y a juste un parti pris sobre et contemplatif - adaptés à l'enfermement général qui contamine l'histoire et la forme - qui pour sûr peut carrément décourager. Mais perso je suis adepte de ce parti pris.

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  2. Un bon film avec de bons acteurs même si à ça de la caricature. Mais alors faut qu'on me dise où est la mise en scène? C'est du banal film indé us à peine réhaussé par le montage.

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    1. Caricature ? En quoi, les maquillages ou le jeu d'acteur tu veux dire ? Il est vrai qu'en de rares moments c'est ce que j'ai brièvement pensé concernant Steve Carrel, je te l'accorde.
      Sinon il y a de la mise en scène, on peut pas dire le contraire, dans le choix des cadrages, les jeux sur la profondeur de champ, le découpage particulier des scènes... Deux moments auxquels je pense : le combat d'entrainement entre les deux frères au début, pas de musique, pas de dialogue, juste des champs/contre-champs et des gestes, et on y comprend pourtant absolument tout sur leur relation ; ou le plan-séquence où Tatum pète un câble après sa défaite, le rythme de l'image change alors que le tournant commence radicalement dans la tête du personnage... Bon bref, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de mise en scène.

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    2. Et après c'est une question de goût ;)

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    3. Parfois les mimiques sont trop caricaturales. Carrel regarde puis il ouvre la bouche et referme ça arrive plus d'une fois au point que cela en devient involontairement drôle. Et Tatum et sa machoire serrée aussi. Le cadrage et la lumière ne font pas tout Max. C'est statique au possible. Pour moi c'est tout ce que je déteste dans le ciné indé actuel. Ça accumule les champs contrechamps les plans fixes si possible courte focale pour bien tout montrer... Il n'y a aucun intérêt à analyser quoi que ce soit là dedans.

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