Critique : The Imitation Game


Parfaitement huilé pour s'incruster dans la course aux Oscars, The Imitation Game a pour principal mérite de mettre en scène au grand jour un point méconnu mais essentiel de la Seconde Guerre Mondiale. Résistance de l'ombre où les rouages du génie côtoient la mécanique humaine, le film fonctionne surtout par sa logique à fondre ces deux aspects, l'Histoire invoquant constamment l'intime. Dommage que Morten Tyldum multiplie les excès, sévèrement démonstratif dans un faux-rythme de sauts dans le temps futiles, insignifiant moteur de secrets rattrapé par un classicisme cadré. L'envoûtant travail musical d'Alexandre Desplat et la superbe performance de Benedict Cumberbatch se révèlent alors comme le véritable codex du cœur de The Imitation Game : derrière les faits et la condescendance, le portrait mélancolique et tragique d'un paria hanté par la solitude et les formules cryptées de l'existence.


Commentaires

Articles les plus consultés