Critique : Dracula Untold


"Dracula a été tourné tellement de fois que l'on peut emprunter tous les extrêmes" disait Coppola... Remontant aux origines du mythe pour son premier film, Gary Shore emprunte un sentier inédit et moderne : le super-héros. Dracula Untold, pur morceau pulp de 85 minutes où les pouvoirs dépassent les responsabilités, est un véritable ballet immédiat de fureur où, suçant la moelle du Bien, le Mal se révèle comme progéniture directe de la guerre. Étalé sur moins de 48 heures, le récit court tel un éléphant dans un magasin de porcelaine entre quelques bonnes idées visuelles, bâclant les ressorts émotionnels, annihilant toute progression et apprivoisement, fruit d'un scénario affreusement couard quoi qu'assumant ses œillères - dommage que la conclusion dénigre alors son élan 'one-shot', twist roublard invoquant un univers étendu fantôme. Reposant sur le charisme certain d'un Luke Evans bien dans ses bottes, Dracula Untold est une production trop grosse et incontrôlable pour le jeune cinéaste qui la dirige, mais ce dernier, dépassé comme son personnage, coupe le gras et endosse une série B déchaînée et bad-ass d'où ressort un sympathique efficacité.


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