Critique : The Age of Innocence / Le Temps de l'Innocence


Dessinant une ode raffinée à la narration, Martin Scorsese adapte Edith Warthon pour invoquer de nouveau la violence, mais détournée, insidieuse, funèbre. Œuvre de la tentation et du destin dont émane une terrifiante mélancolie, fruit d'un talent indiscutable pour la fluidité de composition, The Age of Innocence cache derrière son ennui poli un remarquable objet cinématographique de la dualité, du doute et surtout du temps qui passe, porté par un triangle passionnel époustouflant. La tentation et la liberté amènent alors le cinéaste à insuffler au classicisme prié la verve de son montage, l'art du raccord et des prodiges de l'image ravivant le cœur scorsesien au premier plan, pris au piège dans les pétales flétries d'une haute société new-yorkaise encadrée et manipulatrice. Somptueux et subtil dans sa mise en lumière de l'ultra-violence puritaine, The Age of Innocence est un délice de cinéma et un portrait social glaçant, fantasme des interdits et fondu enchaîné de la vie, des époques et des souvenirs.


Commentaires

  1. Personnellement, c'est l'un des Scorsese que j'aime le moins. Il reste bon, vraiment bien mis en scène, des acteurs impeccables, de l'émotion mais au final pas mémorable et un poil chiant.

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    1. Je comprends, c'est un de ses films les plus exigeants et un univers qui ne lui ressemble guère mais auquel - je trouve - il insuffle sa verve avec efficacité. Mais c'est plus insidieux, plus diffus, en effet c'est assez chiant mais perso j'aime ce qui se cache derrière cet ennui poli.

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  2. Excellente idée de remettre à l'honneur ce très beau Scorsese malheureusement peu cité, et pourtant sous haute influence ophülsienne ! Etant moi-même grand admirateur des deux, je suis comblé.

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    1. En effet, peu cité dans la filmo du bonhomme - même moi le pro-Scorsese j'ai mis du temps à le découvrir - mais quelle réussite ! Je n'aurais pas pensé à Ophüls, avec le recul cette référence est en effet évidente.

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