Critique : Fury


Perpétuant sa vision de la corruption - ici celle de l'Homme par la guerre - David Ayer livre avec FURY  ses meilleures cartes dans une épopée meurtrière dopée à l'adrénaline, au désespoir, aux cadavres déchiquetés. Les limites du cadre forment un rectangle en métal blindé, un tank obscur dans lequel on s'attache rapidement aux habitants, quintet bad-ass et crasseux aux profils extrêmes, communiquant par l'incivilité et l'affliction. On en vient à regretter la présence du jeune bleu Norman, découvrant les épreuves de la guerre pour mieux guider le spectateur dans ce chaos, son manque de charisme jonglant avec ses quelques lourdeurs dans le récit. Qu'importe cette mine, FURY  impose son terrible cri funeste et bestial à travers de nombreux moments forts, surplombés par le symbole fantôme du tank, futile invincibilité. La réalisation fluctuante et spectrale d'Ayer accompagnée des murmures insidieux de la bande son enterrent alors les idéaux pacifistes face à l'Histoire violente, une contamination ensanglantée et boueuse qui serre progressivement notre gorge vers un ultime combat éperdument intense. Une excellente surprise.


Commentaires

  1. Parait effectivement que ce film est une étonnante réussite. Je suis plutôt preneur. Peut-être même qu'il me fera apprécier l'abominable bande son de Steven Price.

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    1. Une vraie réussite, en effet !... Franchement j'ai beaucoup apprécié la bande originale, quelques touches modernes pour imposer un complexe toujours présent aujourd'hui. Elle n'est pas gratuite, que ça soit les chœurs ou les notes au piano, il y a du sens. Après on aime ou pas, comme Gravity la musique est un peu sur-utilisée... As-tu déjà écouté la BO ou tu n'aimes pas le travail de Steven Price en général ?

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    2. Les deux mon général :) J'ai écouté la BO, et cela m'a confirmé que je n'aimais vraiment pas le travail de Steven Price. C'est un compositeur très rock, comme Hans Zimmer et sa bande, qui a essayé pour Fury de reprendre à son compte les vibrations ténébreuses du World At War de Sean Murray. Mais le problème, de mon point de vue, c'est cette (vilaine) manie qu'il a de plaquer des crescendos de pulsations électro à tour de bras pour apporter un lustre moderne à sa partition mais qui, selon moi, masque surtout un manque de noblesse et de vision artistique.

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