Critique : Deliver Us From Evil / Délivre-Nous du Mal


Après The Exorcism of Emily Rose et Sinister, Scott Derrickson continue avec DELIVER US FROM EVIL son cheminement de l'horreur dans le prisme du thriller. Décuplant le kaléidoscope des genres, le film tend malheureusement à cacher derrière ses ambitions de polar une fainéantise très didactique du fantastique, des tentatives d'épouvante frisant le ridicule jusqu'à l'ambiance musicale littéralement envahissante. Mais le traumatisme mystique qui hante le film, véritable matériel de torsion de sa forme, finit par séduire, Derrickson multipliant les audaces visuelles pour un vrai souffle derrière les clichés - l'utilisation du 16mm en est l'exemple le plus probant. On devine rapidement les desseins du genre déstructurant le réalisme invoqué, le spectre de la guerre en Irak surplombant les ruelles moites d'une Amérique rongée, le trauma et ses victimes, le démon et le possédé. Pas si vain derrière ses maladresses et incohérences, DELIVER US FROM EVIL est une production certes balisée, mais habitée par une dynamique du désespoir bienvenue.


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