Critique : Cronos


Premier long-métrage de Guillermo Del Toro, CRONOS  suinte déjà la passion horrifique exacerbée et romantique de son réalisateur. Percé d'erreurs propres à une première œuvre, des failles étrangement magnétiques de la narration jusqu'à sa maladroite ambiance giallo, le film conserve une maîtrise et un charme surnaturels. De ce détournement arachnéen et mécanique du mythe vampirique se dégage une incroyable viscéralité, fruit de l'ineffable amour artisanal de Del Toro qui explose lors de ces saisissantes images où la caméra intègre le mystérieux mécanisme doré, le micro épousant le macro face à la fascination morbide de son parasite suceur de sang. L'introspection du corps en décomposition qui en découle dévoile alors une dimension inattendue, une logique touchante de l'émotion qui invoque les liens indestructibles de la famille et de l'amour, du Bien et du Mal, de la logique et de l'impalpable, vers un ultime plan iconique et bouleversant. À la fois bâtard et profondément personnel, CRONOS  est une pièce de genre marquant au fer rouge les tripes de son auteur, l'alliance de l'horreur avec son âme suçant l'imperfection de son tracé.


Commentaires

  1. Un premier film grandiose donnant lieu à une réflexion sur le vampirisme.

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    1. La réflexion est fascinante, pour sûr, humaine, physique, temporelle.

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    2. D'ailleurs on peut largement le mettre dans la même case que Morse.

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    3. Oui c'est pas faux, on assiste au même aspect intime, iconique et fascinant du vampire.

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