Critique : Grizzly Man


Portrait post-mortem d'un paria illuminé et massacré par l'animal qui le hantait, GRIZZLY MAN est un documentaire en totale adéquation avec son sujet, théâtral et tragicomique, ouvrant sur un fond absolument pertinent et touchant. À travers le dispositif opté et le motif constant et conscient de la mise en scène, alternant d'excessifs témoignages et mises en situation avec les nombreuses vidéos personnelles de l'intéressé, Werner Herzog va alors au-delà de son sujet pour une autopsie viscérale du reflet humain dans l’œil d'une caméra, devenant mythe au-delà de toute crédibilité. Dans un scintillement de suffisance, le cinéaste offre alors enfin des spectateurs à ce passionné méprisé et méprisant qui, imposant sa figure encadrée dans l'implacable cohabitation Homme/Nature, ne voulait attirer l'attention qu'en vivant ses rêves, ode absurde et désespérée à la marginalité dans une civilisation bestiale.


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