Critique : Avatar

Pays : États-Unis / Royaume-Uni
Réalisateur : James Cameron
Scénario : James Cameron
Avec : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Joel David Moore, CCH Pounder...
Musique : James Horner
Durée : 2h42 / 2h58
Genre : S-F / Aventures
Format : couleurs, 1.85, 3D
Budget : 237 millions $
Sortie en salles : 16 décembre 2009

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AVATAR, dans les contours de son aventure un brin naïve, est certainement le projet le plus ambitieux de James Cameron, autant du point de vue artistique que de l'ampleur de son univers. Son film allie avec brio deux dimensions opposées dans une trois-dimensions sidérante : d'un côté sa révolution technique, offrant de l'image de synthèse comme jamais vue ailleurs ; de l'autre un classicisme presque perturbant dans son scénario, épopée romanesque en continuité direct avec celle de Titanic, romance intense dans une lutte des classes et des natures. Le premier côté tente un rapprochement directe à l'image de l'Homme, présent et futur, profondément industrialisé, en constante progression mécanique et sauvage quitte à écraser autrui ; et le second côté tant décrié, récit déjà vu mille fois ailleurs, qui se voit être la tentative de Cameron d'y insuffler de l'espoir, des codes anciens et universels du cinéma au sein d'un renouveau ambitieux mais effrayant. Le manque d'originalité cruel de l'histoire du film est finalement sa force, quelque part, une alliance purement cinématographique de l'ancien et du nouveau pour faire avancer doucement mais sûrement les modes de pensées, bien au-delà de l'idée écologique que certains mettent artificiellement en avant... Cameron, grand raconteur d'histoire, fait avancer son récit avec une maestria rare malgré son classicisme, regorgeant d'idées et de sincérité, le tout appuyé par un sens inné de l'épique et de l'envergure. Il ne perd pas non plus son sens de l'action, offrant des moments de bravoure littéralement sidérants qui appuient constamment et sans gratuité les enjeux (parfois étonnement pessimiste) de chaque protagoniste... Révolution technique et aventure universelle, AVATAR est un très beau moment de cinéma, injustement boudé par son conformisme qui se révèle être un rituel essentiel à son existence cinématographique. À travers l'artificiel constant, c'est beau, grandiose et émouvant, une réussite indéniable et inlassable.

À RETENIR
la réussite technique indéniable, des Na'Vis plus vrais que nature

le monde de Pandora, gros travail environnemental et artistique

James Cameron menant son récit dense à tambour battant et avec talent

la bataille finale, 45 grandes et épiques minutes pour un grand moment de cinéma

la musique (certes peu originale) de Horner particulièrement enivrante

À OUBLIER
la manque cruel d'originalité et de risques niveau scénario

la romance un peu naïve entre Jack et Ney'tiri

quelques personnages qu'on aurait aimé voir plus développés


Commentaires

  1. excellente approche critique de ce grand film qui, qu'on le veuille ou pas, a marqué l'histoire du cinéma de SF. Une approche a posteriori permet en effet d'ouvrir les yeux enfin sur l'immense qualité narrative du film, sur les thèmes extrêmement actuels qu'il aborde. Peut-être aurons-nous un jour le même regard dépassionné autour de "Gravity" qui ne cesse d'agiter les langues.

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    1. Merci bien ; ) En effet, qu'importe ce que l'on en pense, on ne peut nier qu'Avatar a marqué une étape dans l'Histoire du Cinéma. Cette vague que tu dis "dépassionnée" commence à faire effet sur Gravity, qui balancent exactement les mêmes arguments concernant son scénario... Certains aiment particulièrement égratigner les grands succès, quitte à le faire de manière gratuite.

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  2. Il y a la technique, mais comme tu le dis, il y a l'histoire qui, aussi classique soit-elle, réserve de très beaux moments d'émotions.

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    1. On est tout à fait d'accord, 2flics. L'émotion ne manque pas, notamment dans la version longue où des ajouts concernant Grace et Tsu'Tey sont particulièrement touchants.

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  3. Ce qui m'a toujours fait rire quand on critique Avatar, c'est dire qu'il n'est pas original. On cite toujours Danse avec les loups comme une grosse inspiration mais Danse avec les loups s'inspirait déjà de Little Big Man ce qui ne l'empêche pas d'être très bon. Le cinéma est bourré d'inspiration réciproque. De Palma qui s'inspire d'Eisenstein pour Les incorruptibles, Spielberg qui signe souvent des plans rappelant David Lean,.. On peut s'inspirer de quelque chose tout en donnant une consistance personnelle. Quand je vois Avatar je vois du Cameron pur jus. On y retrouve son sens de l'action, Horner à la musique (comme souvent irréprochable et dont certaines inspirations seront dans sa partition d'Amazing Spider man), un méchant très méchant (Stephen Lang jubilatoire) et surtout un sens du visuel digne de ce qu'il a déjà fait (que ce soit les Terminator ou Abyss). Sans compter que la 3D était juste géniale (j'ai même fait le déplacement deux fois) et je l'apprécis encore plus avec la version longue qui change littéralement l'introduction (notamment le passage terrien superbe au possible).

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  4. Je suis d'accord avec toi Borat, cependant, le coup de l'escalier dans les "incorruptibles" est plus de l'ordre de la citation que de l'inspiration. Quant à Spielberg, il se réclame de David Lean, c'est vrai mais autant de Ford ou de Griffith sans pour autant reprendre d'éléments explicites. Dans le domaine de la citation, on pourrait ajouter Tarantino qui, dans "Django unchained" cite ouvertement une scène de "Naissance d'une Nation" pour tourner le film et son idéologie en ridicule. Dans le cas d'Avatar, on est sur un schéma de scénario calqué sur celui de "danse avec les loups" (lequel pouvait déjà passer pour un film pro-indiens dans la lignée de "la flèche brisée" et autres grands classiques). C'est presque un remake spatial (dans tous les sens du terme), ce qui lui va très bien d'ailleurs puisque les purs films de SF sont finalement des westerns futuristes.

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    1. En effet c'est le cas de Ford aussi. Quant à Eisenstein il admirait largement DW Griffith. Tarantino cite quasiment tout le temps Sergio Leone et notamment en reprenant des musiques de Murricone. C'est toujours facile de taper sur un gros film comme Avatar plutôt que sur QT qui fait cela depuis le début de sa carrière et tout le monde s'en fout. Une certaine forme d'hypocrisie.

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    2. Pour rejoindre le débat, je ne pense pas qu'Avatar tente une quelconque citation ni même inspiration envers des films comme Danse Avec les Loups, Pocahontas ou encore Le Dernier Samouraï. Il possède l'ADN de ce qui fait les grandes fresques de ces films, l'amour avec une culture éloignée est une thématique universelle au cinéma... Avec cela, je vous rejoins sur le faire qu'il est absurde de voir le nombre incalculable de critiques blâmer à l'extrême cette dimension-là pourtant fer-de-lance d'Avatar. Et tu met le doigt où ça fait mal en effet, Borat, pourquoi blâmer ceci alors que Tarantino joue constamment sur ce critère et s'en sort avec les honneurs ?... Il y a clairement de l'hypocrisie de la part de certains, notamment certains qui aiment démonter toute forme de blockbuster qui a un succès incommensurable.

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    3. Exactement Max et c'est ce qui m'énerve particulièrement chez certains critiques. Alors ce n'est pas un grand scénar à la Lawrence d'Arabie mais il y a du coeur derrière et cela se voit. En sachant que ce genre de critiques était déjà le cas sur Titanic. Beaucoup le dénigre dorénavant à cause de sa romance. Sauf qu'avec une si bonne dimension romanesque, Cameron fait oublier ses élans bourrins encore présents dans True Lies. Par ailleurs, Titanic et Avatar se ressemblent assez étrangement. Il y a une dimension romanesque qu'il n'y avait pas dans certains films de Cameron, laissant tomber le bourinage à la Terminator (même si ce n'est pas une critique). Il veut créer de l'émotion et la musique de James Horner permet largement cela.

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    4. Avatar demeure un film quelque peu naïf, malgré tout, c'est ce que je regrette principalement avec ce film au final. Il emprunte un peu trop cette voie romanesque, comme par sécurité suite à succès mondial de Titanic. Cette ressemblance dont tu parles est indiscutable. J'aurais aimé voir un peu plus de pessimisme, de brutalité dans tout ça comme il a pu faire par le passé avec un Alien ou un T2 tout ça pour soutenir encore plus cet aspect romanesque. Mais bon, rien n'est parfait, et en effet Cameron fabrique avec réussite de l'émotion, et c'est tout public et visé comme tel.

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    5. Mais il a le mérite d'être sincère, toute la différence d'autres blockbusters. Les quelques images pessimistes du film montrant la nature dévastée accompagné par la musique très sollenele de James Horner.

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    6. Ouh mais je ne dis pas qu'il manque de sincérité ici, c'est tout le contraire, tout le monde et les personnages d'Avatar sont sortis de sa tête, de son cœur, tout ceci étant original, ce qui est rare à Hollywood !

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    7. En revanche je suis quelque peu sceptique quant aux suites. Une ok, trois j'ai un peu peur. Déjà que certains râlent en disant que Le Hobbit est trop long...En plus, j'ai peur qu'il s'enferme là-dedans. Et pour l'adaptation de Gunmm je crois qu'on peut aller se faire foutre....

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    8. Les derniers arguments de Cameron concernant ces suites ont un peu raviver ma curiosité, rapprocher sa licence au Parrain c'est quand même très tentant ^^

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