Critique : Jacob's Ladder / L'Echelle de Jacob

Pays : États-Unis
Réalisateur : Adrian Lyne
Scénario : Bruce Joel Rubin
Avec : Tim Robbins, Elizabeth Peña, Danny Aiello, Matt Craven, Pruitt Taylor Vince, Eric La Salle, Ving Rhames...
Musique : Maurice Jarre
Durée : 1h56
Genre : Drame / Horreur
Format : couleurs, 1.85
Budget : 25 millions $
Sortie en salles : 16 janvier 1991

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Difficile de s'imaginer un réalisateur comme Adrian Lyne derrière JACOB'S LADDER, faisant office de véritable OFNI dans sa filmographie. Mais quel OFNI ! Empruntant l'énième chemin des fantômes des échos d'une guerre du Vietnam barbare et inutile, le film aborde le sujet d'une manière atypique et oh combien perturbante : le cinéma horrifique. Le personnage de Jacob, magnifiquement interprété par Tim Robbins, se voit hanté par des visions littéralement cauchemardesques - pour lui et pour le spectateur - après son expérience au Vietnam et la mort de son fils aîné. Par ce biais où la forme de ces visions hantent encore aujourd'hui nos esprits malgré ses vingt ans d'âge, on y multiplie les genres, on y expérimente le montage pour brouiller le spectateur : surnaturel, folie ou résultat d'une expérience ?... Son final mémorable et bouleversant vient alors remettre les pendules à l'heure, twist peut-être prévisible pour certains mais qui répond à tous les exercices formels et scénaristiques, concrétisant les multiples symboles et prenant de court les attentes et déductions du spectateur. Ramenant les fantômes du Vietnam avec une ingéniosité et un sadisme remarquables, JACOB'S LADDER est un superbe drame horrifique dont les images traumatiques marquent au fer rouge et les ressorts dramatiques donnent une leçon.

À RETENIR
les visions cauchemardesques au rendu formel encore aujourd'hui perturbantes

le joli travail du montage, brouillant efficacement les pistes mentales

son final qui reste dans les mémoires

Tim Robbins, impeccable dans ce rôle difficile

À OUBLIER
sa portée un peu trop politique (voir le carton final dispensable)


Commentaires

  1. Je pense que tu peux largement mettre le premier rang. Un véritable chef d'oeuvre multipliant les symbolismes en tous genres (la Bible est passée au crible que ce soit avec La genèse comme L'échelle de Jacob), dépassant franchement la motion "Vietnam" qui au final n'est qu'un véhicule plus qu'autre chose et Tim Robbins signe probablement sa plus grande partition. La séquence de la soirée est un véritable bonheur visuel et angoissant et je pense notamment aux passages avec Jezebel (tient encore la Bible) dansant avec un serpent avant qu'il ne la tue. Quand je pense qu'ils veulent faire un remake d'un film parfait quelle honte.

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    1. Un avis tout à fait respectable, Borat ! En effet le Vietnam finit par être comme tu dis un simple véhicule, voilà pourquoi je trouve qu'au bout du compte l'aspect tolé politique sonne un peu creux... mais c'est vraiment pour chipoter : )

      Derrière la tristesse, je t'avoue avoir un petit grain de curiosité pour le remake car il sera tenu par le boss de la série House of Cards.

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    2. Ah mais justement je ne vois pas de tollé politique vu que le Vietnam n'est qu'un véhicule. Cela aurait été plus développé ce serait un tollé mais là non. Il se trouve qu'un homme simple allant à la guerre et s'y perdant, cela tape mieux. Sauf que vraisemblablement le remake est réalisé par un réal de séries B dont Dangereuse séduction avec Bruce Willis. Si c'est le même bonhomme alors il s'est bien recyclé parce que jusqu'à maintenant sa filmo c'est entre M et E en cinq lettres!

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